Garder l’espoir avec les catastrophistes

Par Samedi 23 avril 2016 Permalink 7

Les catastrophistes sont de grands optimistes. Ils observent un monde qui ne va pas bien et y voient la raison pour provoquer des grands bouleversements, rebattre les cartes et redonner leur chance aux laissés-pour-compte de cette mondialisation dont on nous assure qu’il y a des gagnants mais d’où il ressort, dans la vraie vie, pas celle projetée par l’étrange lucarne, un cloaque de plus en plus malsain.

Un désastre planétaire est-il la solution? Sans aucun doute. La planète, malgré ce que veut faire croire la pensée unique, n’a jamais été à l’échelle de l’individu. Ce gigantisme n’a aucun sens. Pour l’individu, seul compte réellement ses proches, son habitation, son manger, sa survie et celle des siens. La planète n’a rien à voir dans ce genre de préoccupation. C’est du bidon. C’est ce que les oligarques ont trouvé pour soumettre le peuple, le canaliser, l’associer mensongèrement à des actions enrichissant toujours les mêmes en asservissant parallèlement l’ensemble de la population. La planète est une abstraction. La nature, celle qu’on côtoie, grâce à laquelle on peut vivre sa vie est la seule affaire concrète.

Un effondrement global, catégorique, sans retour possible ouvrira des perspectives insoupçonnées à beaucoup de gens. Si indiscutablement, l’événement constituera un drame immaîtrisable aux répercussions dramatiques, son caractère universel rendra l’espoir à ceux de plus en plus nombreux qui sont prisonniers de conditions de vie qu’ils ne peuvent changer quelque soit leur intelligence, leur volonté, leur besoin. L’effondrement c’est la rupture avec l’ancien monde, celui d’aujourd’hui. L’effondrement est profondément égalitaire comme une épidémie qui touche indistinstement toutes les races, toutes les classes sociales.

Toutes les classes sociales… C’est bien la grande raison pour laquelle tout est fait pour retarder l’explosion d’un monde qui se fissure. Reculer l’échéance pour sauver les plus forts est ce qui est mis en oeuvre au mépris des difficultés lancinantes, angoissantes, mortifères qui en résultent pour tous les autres. Les catastrophistes croient que les faux remèdes viennent à échéance, que l’argile qui maintient l’organisation mondiale craquelle inexorablement. Décidément, oui, les catastrophistes sont de grands optimistes.

Frédéric Le Quer