Le Front National

Par Vendredi 6 mars 2015 Permalink 18

La montée du Front National prend des allures irrésistibles à quelques semaines du premier tour des cantonales. Sans avoir à en faire trop, le parti engrange des voix sur le nouveau visage que prend le pays, mois après mois, submergé par une immigration massive.

Les grandes villes et leurs banlieues se transforment sociologiquement partout en France à une vitesse inimaginable il y a dix ans seulement. Les français s’en inquiètent et la plupart souhaite une pose dans cette mutation. Pourtant aucun parti politique la propose hormis celui de Marine Le Pen. Le Parti Socialiste refuse de voir les effets pervers de l’immigration puisqu’il considère chaque nouveau naturalisé comme un électeur en sa faveur en puissance. L’UMP, phagocyté par les idéaux centristes, déploie une discours sur l’immigration aussi incompréhensible que possible, pour laisser dans le flou des militants bien plus souverainistes que leurs chefs. Les aventures personnelles de Mélenchon ou Dupont Aignan sont anecdotiques. L’UDI ou Les Verts ne représentent qu’eux-mêmes.

La France ne dispose pas d’un mouvement de gauche radicale anti-européen, comme Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne avec une large assise populaire, pouvant rassembler les mécontentements, ce qui autorise le Front National à ratisser large. Si ses prises de position contre la monnaie unique sont perçues avec un peu de réticence par une opinion publique soumise à une propagande intensive en faveur de l’€, son rejet clair de l’afflux de populations étrangères trouve un écho important. C’est un domaine en effet où il est difficile de nier ce que chacun constate tous les jours: un communautarisme qui s’accentue sur les ruines d’un territoire qui se parcellise.

Alors le Front National engrange des soutiens de plus en plus nombreux. Les sondages les reflètent, certainement et encore une fois, très mal. Les accords au second tour des élections entre le PS et l’UMP font renaître un bipartisme qui force à se situer pour ou contre Marine Le Pen. Tant qu’aucune plaisanterie vaseuse ne vient gâcher cet élan de la part de son père ou de ses candidats pas toujours très malins, ses perspectives sont particulièrement favorables et les scores au second tour devraient se situer entre 45 et 55% des suffrages. Un raz de marée bleu marine s’annonce donc lors de cette petite élection.

Après trente ans d’alternance sans changement, les français sont dorénavant face à une décision radicale. Quand la continuité laisse peu de place à l’espoir, la rupture devient la solution. L’embourgeoisement des ménages de la classe moyenne a disparu avec les difficultés économiques grandissantes. La dynamique du Front Nationale va bientôt bouleverser la donne politique à condition que les propos racistes et antisémites soient bannis. C’est de protection dont la France a plus que jamais besoin.

Frédéric Le Quer