François Pompon (1855-1933)

Par Dimanche 31 janvier 2016 Permalink 2

« J’aime la sculpture sans trou ni ombre » s’exclamait François Pompon, le sculpteur animalier. Et ils furent nombreux à le suivre sur cette piste, citons Jean Joachim, Maurice Gaston Elie Prost, Joel et Jan Martel, Edouard Marcel Sandoz ou Armand Petersen. Pourtant son premier succès public est particulièrement tardif. Suivant la vente au musée du Luxembourg d’une tourterelle en 1919, il l’obtient enfin à 67 ans  grâce à « L’ours blanc », exposé dans sa version monumentale en 1922 au salon d’automne. (ci-contre, marbre blanc, 1927, 24,8×463,5×12 cm, vendu chez Artcurial, Hotel Marcel Dassault, le 21 novembre 2011, 378 500 €, record mondial pour l’artiste)

Né à Saulieu, François Pompon débute sa carrière comme apprenti tailleur de pierre. A Paris il est l’élève de Pierre Rouillard. Ses premières sculptures sont des bustes exposés au salon de 1879. Il taille le marbre pour Camille Claudel et Auguste Rodin, mais très vite  les animaux l’attirent et il les observe au jardin des Plantes comme beaucoup d’artistes de ce temps. C’est dans une basse-cour en 1888 avec une oie qu’il trouve le style qu’il mettra 34 ans à imposer au grand public! Les animaux de la ferme sont particulièrement bien représentés dans son bestiaire (coq, oie, poule, pintade, dindon, canard…). Ci dessous une poule d’eau en bronze fonte Valsuani à la cire perdue, haute de 26 cm dont un exemplaire fut vendu 43 000 € à Rouen par Me Delphine Frémaux le 29 juin 2014 alors qu’un autre exemplaire dune taille similaire atteignit à  Nantes le 24 mars 2015 chez Couton Veyrac Jamault svv la somme de 75020 €.SAM_1003

Concernant cette fois la forêt le grand cerf ci-dessous un exemplaire,haut de 59,5 cm fut vendu le 7 juin 2015 par Chaville Enchères svv 58 750 € alors qu’un autre aux dimensions plus impressionnantes de 160 cm de haut a été adjugé chez Massol à Drouot le 6 janvier 2012 70400 €.SAM_1004

L’animal représenté par Pompon s’oppose à l’iconographie romantique mais aussi au cubisme en vogue qui décompose les formes. Son art n’en est pas moins le prélude de l’art moderne. Il est lisse et dépouillé de toute aspérité. Lui même déclare (Phrase relevée dans la gazette Drouot du 23 juillet 2010): « Voici: quand j’ai pu vivre de près mon animal, que je l’ai reproduit le plus fidèlement possible, je m’éloigne de lui et me remets à l’oeuvre en ne m’attachant plus qu’aux masses, aux volumes que je développe de façon que la ligne soit vivante et décorative tout en affirmant le caractère de la bête ».

Ci dessous l’une des sculptures phares de François Pompon, grande panthère noire 1931, oreilles dressées, pierre de Lens, signée, 31,5 x 82 x 16,6 cm vendu par Artcurial Deauville svv 359 400 €. A comparer avec le traitement de Rembrandt Bugatti concernant le même sujet: http://politiqart.com/rembrandt-bugatti-1884-1916/SAM_1000

Frédéric Le Quer