François Hollande et l’immigration

Par Mardi 16 décembre 2014 Permalink 38

Lors de son discours sur l’immigration prononcé hier, le Président de la République a fait preuve d’un lyrisme habité d’une foi profonde à faire pleurer dans les chaumières. Les communautés africaines et maghrébines ont été louées une heure durant sans nuance, ni subtilité. L’exercice ne recherchait pas la crédibilité mais servait à consolider le seul électorat dont François Hollande peut encore se prévaloir.

Il serait injuste de dire que l’allocution était mauvaise; non, elle était juste totalement décalée. Aucune réalité ne transparaissait, aucun moment de vérité n’était décelable, aucune connexion avec la société française d’aujourd’hui n’était perceptible.  S’adressait-elle seulement aux français? Notre président ne connait pas la France. Il substitua donc à cette ignorance une vague leçon d’histoire arrangée à son gout, des chiffres statistiques dont personne ne peut confirmer la véracité, des descriptions sociologiques dont il n’avait aucune notion expérimentale.

Ridicule était son effet recherché sur la situation des étrangers contraints de renouveler leur « titre de séjour dans le froid, au petit matin » comme « par punition ».  Mensongers étaient ses chiffres récités sur l’afflux d’immigrés au mépris d’une réalité, elle, perceptible, bien plus inquiétante. Démagogiques enfin ses diatribes sur une France dont la grandeur ne pouvait venir que d’ailleurs.

Alors les airs extatiques, qu’il prit au début, avec le regard lointain mimant un acteur habité, ne révélaient plus qu’un homme dépassé par sa charge se raccrochant à un sujet qu’il ne comprend pas. Ses mots de laïcité et d’intégration sonnaient comme un défi aux français placés volontairement dans l’insécurité et le malaise. Son apologie obligée de l’école républicaine était en totale contradiction avec l’ignorance qui de plus en plus remplace le savoir.

Le pays est dorénavant à un tournant de son histoire. L’islam, de part l’importance inexorable qu’il prend au sein de la société, aura à l’avenir vocation à participer aux décisions politiques. Le communautarisme est devenue la nouvelle organisation sociale française. C’est toute l’histoire de France à venir qui se trouve bouleversée; mais de cela François Hollande s’en moque car son seul objectif est sa popularité d’où qu’elle puisse venir.

Frédéric Le Quer