François hollande fait son show semestriel

Par Vendredi 6 février 2015 Permalink 21

La conférence de presse présidentielle, antienne instaurée tous les six mois on ne sait trop pourquoi, avait des airs de rabâcher qui forçaient l’ennui au bout de quelques minutes. Après le petit scoop concernant son déplacement en Europe de l’est, François Hollande s’est gargarisé de la soi-disant unicité du peuple français démontrée selon lui par les manifestations s’étant déroulées après les attentats.

Son enthousiasme concernant son déplacement en Ukraine et en Russie avec Angela Merkel n’était pas sans faire penser à Valérie Giscard d’Estaing, qui en jouant lui aussi les messieurs Bons Offices, s’était fait traiter par François Mitterrand de « petit télégraphiste »! Chacun sait que l’état de l’économie française ne donne plus au pays les moyens de peser sur la scène internationale, aussi ses dirigeants arrimés à l’OTAN n’ont vocation qu’à être les suiveurs de la politique extérieure américaine et accessoirement s’en remettre à l’occasion, comme dans ce cas, à l’Allemagne.

L’esprit du 11 janvier, cher au président de la république, est comme une auberge espagnole où chacun y trouve ce qu’il y  apporte. François Hollande a beau se prévaloir de cette journée au mot d’ordre abscons, « je suis Charlie », elle augure pour lui des désillusions qui n’auront d’égales que celle procurées aux français après son élection. Mais bien sur, il tente la récupération sans gêne, avec forfanterie, ne comprenant à l’évidence absolument pas la déchirure ethnique du pays.

La classe médiatico-politique vient de découvrir les rapports de force existant entre les français et la population musulmane qui s’installe, avec la complicité de nos dirigeants politiques, sur le territoire. Les conséquences qu’elle en tire sont la laïcité, le service civique et la Marseillaise. Jamais au grand jamais n’est évoqué l’arrêt de cette immigration qu’en fait la grande majorité des citoyens attend. La méprise est absolue, l’incompréhension est source de la guerre civile à venir. La problématique est ignorée de notre président déconnecté.

François Hollande s’est donc montré tel qu’il est, sans rien changé, parlant à une France qui n’existe pas, sorte de concept qu’il a ébauché non pas depuis une réalité tangible mais en fonction d’idées dépassées qu’il s’efforce d’insérer dans un schéma irréel. Autant dire que l’union nationale, républicaine, à laquelle il semble croire n’a d’existence qu’au palais de l’Elysée. Dans les rues de France, la tension, la division et la colère se devinent à condition de bien vouloir regarder.

Frédéric Le Quer

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