François Hollande et l’indice du bonheur

Par Jeudi 14 avril 2016 Permalink 4

François Hollande s’évertue à communiquer sur la France qui gagne pour mettre en valeur ses résultats économiques! Il est bien heureux cet homme, tout va bien pour lui… Son indice du bonheur est au sommet alors que même celui du Bouthan dégringole! Les jeunes diplômés y sont au chômage et on y observe une souffrance psychologique croissante d’après France 24 qui cherchait peut-être à faire relativiser le téléspectateur français sur sa propre situation…

Car chez nous, à part notre président et sa clique boostés par l’INSEE qui roule pour le gouvernement et qui est le seul organisme composé de fonctionnaires bigleux jugeant tous les voyants au vert, ce n’est pas plus brillant qu’au Bouthan… Et surement bien pire! Les gens ne sont pas dupes d’ailleurs et 9 français sur 10 d’après un sondage ODOXA-Les échos pensent que la politique économique est mauvaise. Pourtant, non sans un certain toupet, François Hollande veut mettre l’accent sur la réussite de celle-ci. La négation du réel prend des proportions dignes des régimes communistes des années 70. Alors de commencer sa campagne électorale aux frais de la princesse comme d’autres avant lui (elle est loin sa république exemplaire!) et d’aller saluer quelques entreprises qui s’en sortent pas trop mal et de saisir l’occasion pour prononcer des discours dithyrambiques sur ses propres performances.

Dans ces conditions, la contradiction n’est plus de mise et même France 2 la soumise dont l’idée de l’indépendance journalistique ne dépasse guère celle de la Pravda, il y a 40 ans, doit passer sous le filtre sévère et sans concession de l’Elysée. Pour le one man show de ce soir sur la chaîne de télé, l’idée saugrenue de laisser un agriculteur s’exprimer ou une syndicaliste Force Ouvrière revendiquée devant notre monarque, autoproclamé génial économiste à la réussite éclatante, fut retoquée manu militari. Cette censure préventive a un visage, celui de Madame Anastasie, créature revêche armée de ciseaux géants.

Mettre en avant les bonnes nouvelles et conter des récits positifs ne feront jamais une politique. La méthode pour anesthésier le peuple est cependant utilisée comme jamais par la plupart des médias. Politiciens et journalistes aux intérêts convergents cherchent à tout prix à éviter une révolte dont nul ne peut prévoir les répercussions: changement de dirigeants, ce ne serait pas grave, ou guerre civile?

Frédéric Le Quer