François Fillon

Par Mardi 18 novembre 2014 Permalink 24

Le grand écart que réalise actuellement l’UMP sur les questions migratoires dénote plus une volonté d’accéder au pouvoir coûte que coûte qu’un vrai projet politique pour la France. L’important encore une fois est de se partager les places les plus rentables aux prochaines élections régionales sans se préoccuper d’avoir une proposition sociétale cohérente. François Fillon semble plus téméraire

Si d’un coté il propose une approche vis à vis de l’immigration musclée, la région Nord-Pas de Calais s’apprête à voir triompher le concept de l’UMPS avec une alliance entre le parti de Martine Aubry et le patron de la droite dans le nord. Tous les barons locaux ont depuis longtemps marqué leur territoire et ont peur d’une remise en cause de leur pré carré par Marine Le Pen, lors du prochain scrutin dans un an.

Les idées qu’émet François Fillon, si elles étaient un jour suivies d’effets constitueraient un grand chamboule tout sur ces terres où l’islam règne en maître, où sur les plages de Dunkerque  les femmes se baignent habillées de la tête aux pieds, où le regroupement familiale est l’alpha et l’oméga du dynamique taux de natalité.

Tous les caciques du coin se sont adaptés à ce mélange des cultures. Eux, y trouvent leur compte, mais la population visiblement beaucoup moins! Les ch’tis semblent partant pour voter Front National, histoire de tenter de retrouver des racines, une culture régionale, un avenir commun dans le respect de leur passé.

Cette situation reflète l’abandon des classes ouvrières par la gauche devenue le cheval de Troie de la mondialisation à outrance leur préférant les populations venues en masse des pays pauvres. Mieux vaut alors s’associer avec l’adversaire d’hier que de voir apparaître un ennemi qui veut remettre en cause les contours sociologiques de la région.

Les élus UMP se satisfont d’un conservatisme qui assure leur position quitte à prouver encore une fois que ce qui les sépare du PS est moins important que ce qui les unit! Parions que dans les prochains mois les grands mots de front républicain ou d’unité nationale n’ont pas fini d’être déclamés, rabâchés! Les convictions seront rares, les intérêts partout!

Si personne ne croit plus vraiment les déclarations de Nicolas Sarkozy sur les sujets de l’identité nationale, celles de François Fillon font l’effet d’une bombe. Miraculeusement, malgré cinq années passées au poste de premier ministre, il semble neuf, crédible, presque révolutionnaire tant son discours va à l’encontre de la pensée unique.

Au sein de son parti de notables, cette nouvelle approche risque pourtant, comme on le voit dans le nord, de ne pas trouver beaucoup d’échos… Il lui faudra une carrure capable de créer un lien entre lui et les français en dehors des grandes machines politiques s’il veut un jour un destin national.

Frédéric Le Quer

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