François Fillon, un destin français

Par Lundi 21 novembre 2016 Permalink 2

Lors des ces primaires, Nicolas Sarkozy avait des soutiens qui ne renforçaient pas sa crédibilité déjà bien entamée. Woerth aux casseroles bien remplies, Estrosi, l’homme des rodomontades qui pactise au final avec le PS, ou Baroin le chantre à droite de l’invasion migratoire ne pouvaient pas l’aider à gagner.

Alain Juppé est lui aussi entouré de politiques dont le charisme est nul voir négatif. Raffarin n’intéresse personne. L’atlantiste Mariton s’effraie déjà de la proximité de Fillon avec Poutine comme si celle-ci pouvait nuir! La mondialiste Lagarde va bientôt passer devant la justice française. NKM a une audience digne d’une sombre émission sur une chaîne de la TNT à 3 heures du matin! Ajoutons tout le milieu journalistique, patronal et les pontes de l’islam de France! Toute cette ribambelle de gens honnis devient un énorme boulet impossible à traîner.

Ces primaires qui galvaudent un peu plus les institutions de la Ve république, montrent néanmoins que l’élection du président de la république reste avant tout la rencontre d’une personnalité en phase avec son époque et en phase avec un peuple aspirant à voir ses besoins formulés clairement. Le postulant à la charge suprême doit prouver sa capacité à être au-dessus de la mêlée. Ses soutiens ne doivent pas dénaturer son discours par ce qu’ils sont. Avec des Debré ou Lamour, une certaine cohérence s’installait dans l’équipe de François Fillon sans que jamais cela ne lui fasse de l’ombre.

Alors le grand vainqueur pouvait dérouler un programme charpenté élaboré depuis au moins deux ans (nous avions parlé des projets de Fillon ici-même dès octobre 2014). Le négatif fut sa participation à la présidence Sarkozy mais en tant que « collaborateur », il ne lui en fut pas tenu rigueur; qu’il a dû pester à l’époque et comme ce mot voulu assassin l’aide aujourd’hui!

Certes il faut toujours un projet pour paraître sérieux. Mais une ligne directrice bien entendue par tous sans qu’elle soit claironnée exagérément lui a surtout servi: le retour du souverainisme. Ce n’est pas en parlant des trente cinq heures, des fonctionnaires, ou de l’€ que Fillon est sur le point d’être élu. Personne ne croit plus à un programme économique quel qu’il soit! Il veut réduire l’immigration, la faire venir d’ailleurs. Il constate que dans les communautés vivant sur le territoire national seul l’islam pose un gros problème. Ses relations avec Poutine sonnent comme le retour d’une France à nouveau efficiente à l’international. Voilà les points qui ont marqué les esprits à droite.

François Fillon donne l’espoir d’une France plus digne se hissant à hauteur de l’Allemagne, la contrebalançant. Marine Le Pen doit maintenant élaborer un projet solide ne se contentant pas de jouer sur l’immigration même si cela doit rester une base. Si elle y arrive rien n’est perdu, sinon elle fera guère mieux que son père.

Frédéric Le Quer