Français de souche

Par Mardi 3 mars 2015 Permalink 13

Les récits de l’histoire de France font au cours du temps l’objet d’une instrumentalisation servant la doxa ambiante, l’actualité aussi et surtout la plus révoltante. Le saccage du cimetière juif de Sarre-Union a vu le président de la république se gargariser du fait que ces actes odieux étaient l’objet de « français de souche ». La précision n’était pas anodine puisqu’elle n’aurait pas été faite dans un autre cas.

Si l’état, particulièrement dans les anciens manuels scolaires, aimait à présenter notre pays comme celui donnant la liberté aux peuples du monde entier par une vision enchanteresse, bien-sur, mais pleine de fierté d’être français, celui qui devrait être le premier d’entre eux se félicite maintenant de pouvoir annoncer les actes vils de ses compatriotes. Voulant lever toute ambiguïté, il n’hésite alors pas à utiliser la formule tant vilipendée, sinon très claire du moins comprise par tous, de « français de souche » pour ainsi pointer du doigt les élèves profanateurs qui ne sont pas musulmans. Etre ou ne pas être musulman, telle est devenue la question de tous les faits divers…

C’est donc un bonheur pour nos dirigeants de pourvoir prendre la main dans le sac ces fameux « français de souche ». Les brebis galeuses symbolisent une population qui peut ensuite être traitée de raciste et antisémite pour ainsi dédouaner les ressortissants musulmans. François Hollande, dont la volonté politique profonde apparaît devoir aboutir à une France soumise à un islam envahissant, boit du petit lait. Là où l’islam est fondamentalement théocratique, son gouvernement le voit fasciste, là où il le voit victime d’apartheid il est en fait ségrégationniste. L’analyse de la société moderne reste pervertie par le prisme des années trente, de l’Action Française et de Maurras. Le pouvoir baigne du coup dans l’anachronisme, l’illusion, la forfaiture.

Si l’événement d’Alsace est l’occasion d’ignorer pour une fois les préjugés musulmans contre les juifs, il met cependant en exergue ceux d’une certaine gauche que les déclarations de Roland Dumas montrent assez proches (euphémisme?) du parti socialiste. Aveuglée par le conflit palestinien, prenant parti contre les israéliens, elle se revendique facilement antisioniste, son intérêt électoral aidant. Mais certains confondent avec antisémite et finissent par commettre des actes contre les français juifs. Quand les tenants de l’immigration sans limite embarquent dans le même bateau qu’un certain islam, la boucle est bouclée et la bête immonde n’est pas forcément là où on le dit!

Frédéric Le Quer