Fragonard (1732-1806)

Par Dimanche 6 septembre 2015 Permalink 11

Jean Honoré Fragonard, premier prix au concours de Rome en 1752, marque la peinture française du XVIIIe siècle.

Il y a ses scènes érotiques où le corps des protagonistes exulte dans la vigueur d’une jeunesse insouciante, saine, belle. Très vite, il laisse les scènes mythologiques prétextes à la polissonnerie souvent peintes par son maître François Boucher (1703-1770), pour s’intéresser directement à son siècle, prenant ses contemporains pour protagonistes, dans une liberté d’esprit qui l’entraîne vers des œuvres franchement sensuelles qui principalement s’adressent comme « le verrou », à une clientèle secrète et avertie. La fête galante dans une luxurieuse nature, chère à Watteau, n’est pas ignorée. Avec l’age et la mode du moralisme, c’est un amour moins physique qu’il met en exergue mais plus spirituel voire mystique tout en restant profane. Au musée du Luxembourg du 16 septembre au 24 janvier se déroulera une exposition sur ces thèmes intitulée, Fragonard amoureux, galant et libertin. On notera que l’adjectif libertin semble pour l’homme qu’il a été quelque peu abusif bien que son oeuvre insinue le contraire. « Bon époux, bon père d’après les témoignages les plus fondés », voilà comme le qualifie le journal du Louvre, « La grande galerie ».

Il y a aussi ses « Figures de fantaisie », des portraits en buste faits d’une touche nerveuse, rapide, des fulgurances picturales qui se répètent modèle après modèle. « Jamais, avant Fragonard, la touche n’avait soumis aussi impérieusement le tableau à sa loi. Elle devenait le tableau. » C’est ce que pense Pierre Rosenberg, le grand spécialiste de la peinture française du XVIIe et XVIIIe siècle, du travail de l’artiste. Moins de ressemblance mais tellement plus d’esprit caractérisent les 14 « figures de fantaisies » toutes réalisées sur des toiles du même format, 80x65cm que cette manière fera florès encore des siècles plus tard. (ci-dessous, Diderot)SAM_0815

Jean Honoré Fragonard se fait évidemment très rare en salle des ventes. Sa dernière apparition chez Pierre Bergé SVV le 12 juin 2015 n’a pourtant pas été couronnée de succès avec le dessin ci-dessous (28,8cmx37cm) estimé 80 000 à 120 000 € qui n’a pas trouvé preneur.SAM_0814

Frédéric Le Quer