Fragmentation de l’Europe désunie

Par Samedi 17 septembre 2016 Permalink 1

« Jamais encore, je n’avais vu une telle fragmentation, et aussi peu de convergence dans notre Union », admettait mercredi M. Juncker avant le sommet européen à Bratislava. Depuis François Hollande et Angela Merkell ont fait une conférence de presse commune pour clore le dit sommet en expliquant qu’il fallait transformer la crise de l’Europe actuelle pour en faire un « succès », mot choisi par la chancelière. Sacré Merkel! Depuis qu’elle s’est prise d’amour pour les migrants, elle ne recule devant aucune ânerie…

Jamais l’Union Européenne n’a su rapprocher les peuples européens. Jamais ceux-ci n’ont senti qu’ils avaient un destin commun et solidaire. Les hommes qui ont fait cette union ne se sont jamais intéressés à la culture de l’Europe. Pire aujourd’hui, certains tentent de lui nier toute existence originale pour la diluer dans les cultures africaines et moyen-orientales. Le bon citoyen européen devrait se dégonfler et sans même avoir réussi à ressentir une quelconque empathie envers ses voisins, devrait maintenant accepter des gens venant en masse de très loin importer leur propre culture. Le résultat entraîne naturellement au démantèlement de l’union.

Les penseurs d’une Europe unie ont cru bon, sans doute poussés par les Etats Unis qui cherchaient une zone tampon entre eux et l’URSS à l’époque, de partir sur les questions économiques avant tout, plus faciles à régler, sur les forces de l’argent plus faciles à intéresser. Les forces de l’esprit, la raison demandaient à commencer par le commencement, c’est-à-dire la culture. L’histoire connectée très à la mode actuellement, qui cherche à faire constamment le lien entre les histoires de chaque pays en les expliquant par leur interaction, arrive bien trop tard. La matière en est à ses balbutiements et vise la planète entière! En commençant, il y a quelques années seulement par notre continent peut-être aurions nous pu obtenir des résultats dans le sens d’une fraternité plus grande entre ressortissants européens. Mais rien n’a jamais été fait dans ce sens et il est maintenant trop tard.

Les peuples n’y croient plus et surtout n’en veulent plus. L’Autriche en est à reculer ses élections de peur du résultat. L’Italie risque de voir le référendum sur sa constitution dans quelques semaines être une Bérézina pour Renzi. L’Espagne n’est plus capable de former un nouveau gouvernement véritablement démocratique. Même Draghi commence à comprendre que les divergences culturelles au sein de la zone € sont insurmontables et créent par elles-mêmes une grande partie de la crise financière. La fin de l’Union Européenne ne sera pas la fin d’une civilisation mais juste la sanction logique pour un projet prit à l’envers. Le destin veut d’ailleurs que ce soit l’économique qui mette le premier coup de marteau.

Frédéric Le Quer