Flexibilité, mon amour!

Par Vendredi 28 novembre 2014 Permalink 49

L’idée rabâchées par les libéraux européens de toujours plus de flexibilité continue de progresser dans tous les domaines. L’insécurité pour les classes moyennes serait la condition à la reprise économique. Elle est de deux ordres; d’abord, la porosité des frontières, ensuite la baisse des salaires avec des emplois précaires.

Concernant la porosité des frontières, la France est un excellent élève. Toute la misère du monde s’y retrouve dorénavant appâtée par la libéralité du système sociale et l’obtention sans réserve de la carte de résident avant celle de la nationalité plus galvaudée que jamais. La mise en concurrence avec les travailleurs français, loin de poser problème à un état dont la fonction première devrait pourtant être la protection de ses citoyens, est au contraire encouragée par lâcheté, sadisme, haine du peuple, intérêt,  on ne sait que choisir… Quoiqu’il en soit, le choix de l’augmentation constante de la population appauvrit le citoyen alors que des voisins comme l’Allemagne voient leur ressortissants diminuer mais aussi la richesse de chacun augmenter.

Concernant les « trop payés » de la classe moyenne, l’effort se concentre sur les générations nouvelles à qui il n’est plus offert que des contrats à durée déterminée de quelques mois avec pour avenir une vie d’adulte difficilement stable puisque ballottée d’un job à l’autre sans grand espoir de se poser. « Répondre aux chocs de court terme » comme dit Mario Draghi revient dans son esprit à pouvoir aussi réduire les salaires en fonction du besoin de flexibilité du patronat. On est alors très loin du partage des bénéfices correspondant à un tiers pour le capitaliste, un tiers pour l’entrepreneur, un tiers pour les salariés. Si les revenus de l’entrepreneur et du capitaliste ne souffrent aucune flexibilité, les cadres, les employés, les ouvriers sont corvéables à merci!

« Nous devons être très attentifs au sein d’une union monétaire à ne pas laisser dévier nos salaires » continue le nabab de Francfort hier à Helsinki. La France, grâce à la compétition qu’organise le pouvoir en place entre les travailleurs potentiels venus de partout et ceux déjà sur le sol, avec pour corollaire le chômage de masse (les derniers chiffres sont révélateurs!), ne risque pas de voir les salaires montés avant longtemps! Rien de tel que la mise en concurrence dans une économie libérale pour voir baisser les prix, en l’occurrence le coût du travail.

Tout cela n’est cependant pas suffisant, pour la zone €. Au mépris du bien-être des européens et pour à toute force maintenir une union qui n’existe que par la monnaie unique, toujours plus d’effort est demandé toujours aux mêmes. Cette volonté à tout crin de flexibilité conduit, par l’insécurité qu »elle fait naître, à ce sentiment d’injustice qui se transforme souvent en ressentiment, moteur qui a été nécessaire et suffisant lors de la révolution française pour l’arrivée aux affaires de Robespierre et de St Just.

Frédéric Le Quer

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