Fin de saison à Drouot

Par Mardi 14 juillet 2015 Permalink 13

Les fins de saison à l’hôtel des ventes Drouot sont curieuses. Les objets proposés à la vente sont moins exceptionnels théoriquement bien que des enchères records apparaissent çà et là étonnant le marché. A l’inverse quelques dizaines d’euros permettent parfois de se rendre propriétaire de toiles intéressantes, les marchands levant le pied pour l’été. Deux exemples diamétralement opposés illustrent ce propos.

D’abord chez Pierre Bergé & associés, au sous-sol, lors d’une vente courante, c’est-à-dire non cataloguée, le vase ci-dessous a dépassé les 220 000 €. La somme était totalement inattendue puisque le commissaire priseur débuta les enchères à 200 €! Il se murmurait dans la salle que cette porcelaine pouvait être de la dynastie Yuan (1279 à 1368)… En tout cas, des marques sous la base jugées par la maison de vente certainement apocryphes étaient considérées par les acheteurs qui bataillaient ferme au téléphone tout à fait d’époque… Quelle qu’elle soit!SAM_0805

Et puis à l’opposé, au premier étage de Drouot dans une vente listée, ni tout à fait courante, ni tout à fait cataloguée, un joli paysage d’un peintre oublié du XXe siècle nommé Michel de Saint-Alban (photo en une) était adjugé quelques dizaines d’euros. Je mets ci-dessous l’image d’un Corot appartenant au musée du Louvre afin que chacun puisse se faire son opinion.SAM_0803

Mais dans l’art, la mode et l’air du temps jouent un rôle déterminant; l’heure n’est pour le moment plus au figuratif alors qu’au contraire tout ce qui ressemble de près ou de loin à de l’abstraction lyrique atteint des sommets… Quant aux arts d’extrême-orient, l’envie des milliardaires de ramener dans leur pays des œuvres égarées en occident les pousse à mettre sur la table des sommes faramineuses, enfin pour nous…

Frédéric Le Quer