Fierté nationale et orgueil

Par Jeudi 12 février 2015 Permalink 33

De nombreux pays européens ont oublié l’orgueil d’exister, ce sentiment nécessaire pour agréger des individus en constituant un peuple, qui survient naturellement après la fierté nationale d’avoir remporté de grandes victoires collectives. L’Union Européenne forgée à force de compromis, de compromissions, est devenue un assemblage incongru, dans lequel plus personne ne décèle les multiples particularismes qui façonnèrent le continent, mais où seul l’argent est le fil conducteur.

En Grèce, un nouveau mouvement appelé « un souffle de dignité », traverse toute la société, rassemblant un monde fou prêt à combattre la commission européenne jusqu’au bout, debout, sans marchandage. Le risque économique, les dangers politiques unissent une société et c’est la renaissance du peuple grec. Dos au mur, les citoyens luttent, se rebellent, en dépit de traités qui les faisaient esclaves; s’ils réussissent, la vraie victoire apparaît clairement comme la séparation pure et simple d’ailleurs, l’orgueil hellène sera ratifié par la fierté d’avoir vaincu.

En Espagne, avec Podemos, Pablo Iglesias son leader axe de plus en plus son discours sur l’idée du retour à la souveraineté nationale pour recouvrer son pays perdu. Il évoque Cervantes et son héros Don Quichotte, le poète espagnol Antonio Machado, le soulèvement contre l’occupation napoléonienne de l’Espagne en mai 1808 et la proclamation de la République espagnole en 1931. Des grands noms, des grands moments historiques dont les espagnols sont fiers, servent l’orgueil ibérique. Et la population se retrouve forte et vigoureuse.

La France est en capilotade. Le patchwork ethnique fabriqué depuis quarante ans a détruit l’unité nationale. Plus personne n’ose mentionner les grandes victoires qui firent la France, les français. Il est plus que temps d’arrêter l’immigration, intégrer les nouveaux arrivés dont beaucoup ne demandent que ça en fait, voir la nationalité française comme la résultante du mérite personnel et non plus comme un droit, être sans pitié pour les immigrés qui se comportent en délinquants. Alors chacun, dans dix ou quinze ans, revendiquera à nouveau la fierté d’être français loin des clivages religieux ou d’origine.

L’orgueil d’une population ne vient que de l’exaltation des grands moments, objets de fierté nationale. Si les exagérer conduit aux totalitarismes et aux guerres, les déprécier systématiquement mène à la déliquescence d’une nation et finalement à sa perte au travers de troubles tout aussi meurtriers. Le retour d’un souverainisme raisonné assurera mieux la paix par le respect que chaque pays aura pour l’autre que le délitement actuel dans une union dont les valeurs majeures résident dans les cours de bourse.

Frédéric Le Quer

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