Ferrand se goinfre sur le dos des mutualistes

Par Samedi 27 mai 2017 Permalink 1

« Derrière l’affichage du nouveau monde, tout le vieux monde s’est installé! » La formule d’Olivier Faure, député socialiste flirtant avec les frondeurs, à propos de Richard Ferrand, a l’avantage d’être aussi claire que concise. L’ancien monde, c’est Fillon, Le Roux, fustigés par Ferrand quand il jouait les oies blanches. Le nouveau monde, c’est Le Maire et maintenant Ferrand, justement, qui vilipendait le népotisme de ses camarades un peu vite. Rien ne les différencie!

Mais son histoire d’avoir embauché son fils au frais de l’état n’est quasiment rien. En revanche Richard Ferrand, directeur des Mutuelles de Bretagne utilisant sa femme pour créer une SCI afin d’acquérir à vil prix un bien immobilier dégradé pour le donner en location pour un montant surévalué aux Mutuelles qui, cerise sur le gâteau, se chargent de la rénovation, est un tripatouillage immobilier d’un genre particulièrement douteux. La SCI des Ferrand obtint son prêt bancaire quand elle fut certaine de la signature du bail (info France 5). Une affaire juteuse et sans risque.

Il ne s’agit pas ici de remettre en cause le fait de tirer une plus-value grâce à un bien immobilier acheté avec clairvoyance et optimisé pour gagner de l’argent avec une prise de risque rendant toujours le résultat aléatoire. C’est le risque pris qui justifie le gain. Dans le cas Ferrand, l’impression qu’un homme se sert de sa position de directeur général au sein des mutuelles de Bretagne pour son enrichissement personnel quitte à nuire au bilan de son groupe, est le vrai scandale. Les valeurs mutualistes sont bafouées. La solidarité est évidemment nul part. Quant à l’indépendance des choix de la mutuelle, tout observateur un peu impartial peut largement en douter malgré l’appel d’offre mis en scène!!!

Richard Ferrand est un magouilleur mais la justice ne voit pas de détournement de fonds sociaux. Tant mieux pour lui. En attendant, partout ailleurs qu’en France, il eut été mis séance tenante au rancard de la vie publique.

Frédéric Le Quer