Fernand Léger (1885-1955)

Par Dimanche 18 juin 2017 Permalink 1

Le paradoxe de Fernand Léger se situe dans la contradiction qu’il y a entre son oeuvre empreinte de modernité dans laquelle sont célébrées la machine et la vie urbaine, et l’homme travaillant à la gouache ou la peinture à l’huile alors que les temps sont au collage, à la photographie, l’homme effrayé par la conduite automobile, l’homme préférant jusqu’à sa mort le pneumatique au téléphone, l’homme débarquant à New York en 1940 avec dans ses bagages « A la recherche du temps perdu »!

Son existence à cheval entre deux époques, celle d’avant 14, et celle d’après 18, explique cette ambiguïté. « (…) malgré mes 34 ans, malgré ma vie déjà commencée comme mon œuvre et que cette tragédie a cassé en deux. Je suis tout de même encore assez jeune, assez vivant (…) pour être de la grande génération d’après la guerre ! ».

Et il en sera.  » Je fus ébloui par une culasse de 75 ouverte en plein soleil » s’exclame-t-il après l’armistice. Fidèle à ses origines modestes, il s’enthousiasme aussi pour le Front Populaire, mais quitte la France pour les Etats Unis pendant la deuxième guerre mondiale et rentre dans son pays pour se consacrer jusqu’à la fin de sa vie à des travaux monumentaux.

Le travail de Fernand Léger continue à séduire les collectionneurs et les musées. Il l’avait théoriser en opposant le sujet, central dans l’art de la renaissance et l’objet comme valeur de remplacement: « Cet objet qui était enfermé dans le sujet devient libre, cette couleur pure qui ne pouvait s’affirmer va sortir. Il devient le personnage principal des nouvelles œuvres picturales. » Et cette couleur qui flamboie dans ses toiles rend son univers joyeux et poétique.

En une, « Les constructeurs », gouache signée des initiales, 54 x 72,5 cm fut adjugée à Versailles chez Eric Pillon enchères ovv, le 14 mai 2017, 218 750 €. Ci-dessous, « Statue de femme et plante », huile sur toile 38 x 46 cm fit 307 370 € le 24 juin 2015 chez Pierre Bergé & associés.SAM_3839

Terminons par un relief en céramique émaillée polychrome monogrammé en bas à droite et numéroté 2/7, réalisé à Biot dans les ateliers Brice (cachet). Haut.: 47 cm – Long.: 32 vendu le 8 mai 2011 chez Eric Pillon enchères 10 000 €!SAM_3838

Frédéric Le Quer