Ferdinand Barbedienne (1810-1892)

Par Dimanche 18 janvier 2015 Permalink 9

« N’a-t-il pas fait pour la statuaire ce que Gutenberg a réalisé pour l’imprimerie ; la vulgarisation de ces chefs-d’oeuvre dans notre intimité a contribué à répandre le goût du beau dans toutes les classes de la société. » Ainsi était considéré Ferdinand Barbedienne, l’un des plus célèbres éditeurs de bronzes d’art du XIXe siècle.

L’homme, né en 1810 en Normandie, arrive à Paris en 1822. Dans les années 1830 il rencontre et s’associe avec Achylle Colas (1765- 1859), inventeur, entre autres et surtout, d’un appareil permettant de reproduire des sculptures en ronde bosse en réduction de façon très précise. Une fonderie est montée à coté du canal St Martin en 1838. La maison Barbedienne maintiendra on activité jusqu’en 1952.

Sa spécialité est la reproduction des bronzes d’art de l’antiquité au XVIIIe siècle qui bénéficie pour sa finition de nouveaux procédés chimiques appliqués à la patine. Permettant de faire entrer le beau dans des intérieurs bourgeois, le succès est immédiatement au rendez-vous et devant la demande il décide de passer des contrats d’édition avec des sculpteurs modernes tels Antoine-Louis Barye, Jean-Baptiste Carpeaux, Emmanuel Frémiet, Pierre-Jules Mène, Antonin Mercié…

La maison Barbedienne est notamment récompensée à l’exposition universelle de Londres en 1862 de trois médailles. A celle de 1878, l’homme est admiré comme un « prince de l’industrie et un roi fondeur »! Ferdinand Barbedienne, bon artiste et excellent homme d’affaires va multiplier des fabrications diverses et variées comme des boites à bijoux, des coupes, des luminaires, des vases, des pendules… et même des portes. Une spectaculaire paire (257×176 cm) en bronze doré reproduction de celle du baptistère de Florence réalisée au XVe siècle par Lorenzo Ghiberti a été vendu par la SVV Renard en mars dernier 337 500 €!

A sa mort, le 21 mars 1892, la fabrique emploie plus de six cents ouvriers. Considéré comme une gloire nationale Ferdinand Barbedienne est inhumé au Père-Lachaise avec de grandioses obsèques.