Faïence de Quimper

Par Dimanche 14 décembre 2014 Permalink 22

Si dès le XVIIIe siècle la rivalité entre les manufactures fait rage, ce ne sera qu’à la fin du XIXe, lors de l’exposition universelle de 1878, que la faïence de Quimper, jusque là populaire va démontrer ses ambitions artistiques. Les productions Porquier-Beau sont saluées par le public et la critique.

Avec l’arrivée d’Alfred Beau (1829-1907), qui devient conservateur des Beaux Arts de Quimper en 1880, ce sont des pièces aux décors nouveaux qui font leur apparition. Des paysages aux scènes traditionnelles sur des pièces aux formes originales sont très appréciés. Le japonisme influence aussi l’oeuvre de l’artiste avec la fameuse série « Botanique ».

Le faïencier Jules Henriot va tirer sa notoriété des faïences patriotiques qu’il réalise au cours de la première guerre mondiale malgré les difficultés d’approvisionnement en matières premières. La manufacture Henriot se renouvelle dans les années 30 afin d’être plus compétitive et se tourne vers des créateurs reconnus, comme Anie Mouroux, Robert Micheau-Vernez qui rejoignent le groupe des seiz breur créé par René-Yves Creston, artiste majeur du XXe siècle en Bretagne. Ce mouvement fondé en 1923 avec son épouse Suzanne Candré-Creston et Jeanne Malivel est fidèlement bretonnant. Ses visées sont décoratives et surtout culturelles, son intitulé, Unvaniezh Seiz Breur, faisant référence aux sept héros celtiques.

La manufacture de la Hubaudière, active depuis 1690, rachetée par l’industriel Jules Verlingue en 1914, n’est pas en reste. Mathurin Méheut, nommé directeur artistique crée le service « La mer » qui apporte le succès aux céramiques quimpéroises. Il faut aussi citer Georges Robin (1904-1928), proche du mouvement Seiz Breur, qui réalise ses statuettes en bois tirées de la vie quotidiennes avant de les transposer en grès; Il crée avant sa mort prématurée 25 modèles (porteuses de goemon, bigoudène assise, quimpéroise au chat…) signés HB Quimper Robin. Ses oeuvres d’une quarantaine de centimètres de haut, s’arrachent aujourd’hui pour plusieurs milliers d’euros. La manufacture HB fait aussi évoluer le style de la production avec les grès d’Odetta qui connaissent un grand succès lors de l’Exposition internationale des arts décoratifs en 1925 avec un esprit art déco aux lignes épurées et aux décors stylisés et de belles qualités techniques.

HB et Henriot se réunissent en 1969. Un artiste comme Jean-Claude Taburet collabore avec la manufacture jusqu’en 1984 comme ouvrier libre, sa production rappelle celle des artistes de Vallauris. D’autres artistes contemporains contribuent dorénavant à l’évolution de l’une des plus anciennes entreprises de France.

Frédéric Le Quer

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