Être français

Par Jeudi 4 août 2016 Permalink 3

Je ne me souviens pas d’avoir appris la Marseillaise comme on ne se souvient pas d’avoir appris à marcher. Le tournoi des cinq nations en rugby a joué un rôle dans la formation de mon identité française. Être français a un peu commencé avec ce nationalisme, ce n’est pas un gros mot comme on cherche à nous faire croire, ce nationalisme, ce plaisir de voir la France gagner en 1968 le grand chelem, j’avais 7 ans.

Je me sentais donc déjà faire partie de cette communauté nationale et un lien invisible m’unissait à cette équipe. Je fus par exemple très choqué quand l’arbitre lui refusa un essai valable et je me souviens encore des circonstances avec cette passe en avant rebondissant sur la tête d’un adversaire et revenant dans les bras d’un français…

Être français, ce fut aussi l’école primaire, publique, laïque, obligatoire qui ne me laissa aucun doute sur mes ancêtres gaulois. C’etait les copains qui s’appelaient Barbé, Fernandez, Akoun ou Aksou. Tous étaient français comme moi, mais ce n’était pas si simple et je m’aperçus au fil du temps avec surprise qu’Akoun et Aksou ne se fréquentaient pas. C’était aussi le territoire français traversé pour partir en vacances. Les clochers dans chaque village, les petits chemins pour picniquer. Très vite être français ce fut aussi l’histoire contemporaine, la vie politique, la certitude d’avoir eu la chance d’être né dans un pays que le monde entier ne pouvait que nous envier, à nous les français!

Comme explique Alain Finkielkraut, être français est avant tout singulier. Chacun d’entre nous a eu son parcours qui le convainquit un jour qu’il était français. Ce sentiment profond ne peut pas ressembler à une pièce d’identité apportant tel ou tel droit, un passeport favorisant tel ou tel voyage. C’est une petite flamme intérieure qui brille, qui nous rend patriotes, qui nous rend un peu chauvins, mais aussi qui nous rend fiers d’être ce qu’on est.

Cette flamme est en train de s’éteindre. Être français n’aura bientôt plus de sens. Être français, c’est être un Apache ou un siou au XIXe siècle: une espèce en voie d’extinction. Des gens dont nos dirigeants font partie préfèrent leur intérêt personnel, leur enrichissement, leur milieu mondialiste au sentiment national. Et les français ont jusque là été aveugles ne pouvant croire ce drame, ne pouvant envisager une telle duplicité. Peut-être se réveillent-ils?

Le nationalisme n’est pas la guerre comme le proclame honteusement le président Hollande. C’est une force, c’est une fraternité. Aujourd’hui les francais sont faibles et désunis à cause d’un ennemi de l’intérieur pour qui être français, c’est de la merde.

Frédéric Le Quer