Et en même temps, quoi?

Par Jeudi 7 septembre 2017 Permalink 3

Le syndrome jupitérien du « et en même temps » s’était entendu comme une manière de contrebalancer chaque décision de l’exécutif un peu rude par une mesure allant dans le sens de l’intérêt de la population. Pendant qu’Emmanuel Macron devait garantir une bonne gestion des deniers publics, le pouvoir d’achat des français devait être sauvegardé. Un coup de yin et un coup de yang!

Pour cette rentrée, le président charge la barque d’un seul coté et la liste s’allonge: La forte diminution des emplois aidés qui reste en travers de la gorge des collectivités locales, la première baisse de l’APL qui en présage d’autres, l’augmentation de la CSG que les retraités vont devoir supporter, la précarisation des salariés avec des cdd possibles presqu’à vie ou des licenciements économiques qui n’ont plus guère besoin d’être justifiés, un pouvoir quasi unilatéral donné au chef d’entreprise et maintenant la suppression du très avantageux régime de retraite des cheminots. N’oublions pas non plus la grogne de l’armée qui demeure vivace! Si avec tout ça, les manifestations contre le pouvoir prévues en septembre ne font pas le plein, c’est que notre pays a bien changé!

Assiste-t-on au suicide en direct de Macron? Non pas que certaines mesures ne soient pas normales, mais à force de de demander des sacrifices au peuple, les mécontentements s’agrègent. Chacun comprend que le nouveau président se dit que c’est maintenant ou jamais. Quatre mois après son élection, les sondages mettent déjà en doute la légitimité qu’il a à faire ce qu’il veut faire! Alors dans un an…

En fait Macron veut baisser le pouvoir d’achat des français avec la brutalité qu’oblige le dogme de l’euro. Les français croient faire une bonne affaire avec la monnaie unique. Ils sont en train de comprendre que les seuls qui font une bonne affaire avec la monnaie unique sont les plus riches. L’intérêt des élites économiques n’est pas celui des citoyens. L’intérêt des allemands n’est pas celui des français. Alors que du temps du franc la dévaluation compétitive touchait toutes les classes composant la société française, un noyau de privilégiés est maintenant exempt de tout effort. Le « et en même temps » est un leurre. Mais les gens n’ayant rien compris à l’euro, ils vont avoir ce qu’ils méritent sauf à jouer au grand chamboule-tout à l’automne.

Frédéric Le Quer