En mémoire de Donald Trump

Par Jeudi 13 octobre 2016 Permalink 3

La nature humaine est d’un incorrigible optimisme et ce site ne fait pas exception. Pourquoi ne pas avouer que nous avons cru en la candidature de Donald Trump surtout après le Brexit. L’homme plein d’aspérité au discours chamboule-tout n’avait rien de politiquement correct. Tout en lui laissait entrevoir la remise en cause d’un quart de siècle de politique américaine guerrière, hégémonique, irresponsable. Pour les américains, il représentait l’arrêt d’une folie migratoire qui comme en France n’apporte rien au pays et ne fait que le diviser. Pour le reste du monde, il permettait enfin d’aspirer à un apaisement, au recul de cette démultiplication de soldats us sur tous les terrains d’affrontement du globe qui n’a absolument rien de rassurant et finira inéluctablement par mettre le feu aux poudres.

Trump avait un coté grossier, lourdaud, insuffisamment éduqué pour plaire à la côte est et à Hollywood. Mais surtout il voulait tout remettre en question, restreindre ces prés carrés qui asphyxient l’état, diminuent sa richesse sans apporter aucune valeur ajoutée sinon à ceux qui en bénéficient. Il voulait rendre ses lettres de noblesse à l’initiative individuelle ou juste à la débrouillardise, à l’intelligence de chacun des citoyens sans que ceux-ci soient sclérosés par des règlements tentaculaires. Mais Donald Trump voulait conserver cette justice sociale que représente la possibilité de se faire soigner même quand on est pauvre. Il acceptait que ses compatriotes aient le droit de se défendre parallèlement à la diminution prônée des services de l’état. Il considérait que la mission des Etats Unis était d’apporter véritablement la paix, de discuter avec toutes les autres nations et de ne plus s’ingérer dans des conflits qui s’ils profitent à certaines industries américaines nuisent à toutes les autres.

Bref, Donald Trump avait une conception alternative de ce que pouvait être le monde. Alors, il fut urgent de ne jamais discuter du fond de son programme pour ne jamais risquer de discréditer ce qui se fait et ne jamais parler d’Hillary Clinton et sa dépendance à l’establishment. L’angle des femmes est pour ça toujours une bonne approche aux Etats Unis. On s’allie avec les pires misogynes et phallocrates du monde arabe, mais on fait la fine bouche pour un mot un peu sexiste! Et ce ne fut pas difficile de rameuter quelques faux témoins alléguant quelques farces remontant à des siècles… Les médias firent monter la sauce jusqu’à l’écoeurement, jusqu’à ce que ses supporters n’osent plus. Ce fut aussi l’occasion pour que sa famille politique, partie prenante de la politique américaine au même titre que la candidate démocrate, rompe ses liens avec ce candidat qu’elle détestait depuis le début.

Donald Trump est maintenant mort. Ils l’ont tué. Les quatre prochaines années au mieux seront pour rien, accentuant simplement les dérives actuelles, au pire elles amèneront la troisième guerre mondiale si les intérêts des Clinton et consorts l’exigent.

Frédéric Le Quer