Les déracinés

Par Lundi 1 septembre 2014 Permalink 15

Les déracinés, pour reprendre le mot de Maurice Barrès, ne sont pas forcément ceux qu’on croit dans la France de 2014. Déracinés, culturellement, déracinés géographiquement, le changement actuel de population amène la perte du sentiment national. Forcément en concurrence constante avec les immigrés,  parfois déclassés comme aime le dire avec suffisance cette élite  méprisante, ils voient leur présent renié, disloqué au profit d’un futur qui par définition n’existe pas mais que certains cherchent à faire croire devoir être forcément en rupture catégorique avec leur passé.

Tiers état contre noblesse puis prolétariat contre bourgeoisie sont jusqu’aux trente glorieuses les fractures principales de la société. A l’évidence un troisième groupe depuis quarante ans vient s’ajouter à ces luttes séculaires. Les populations déshéritées venues du Maghreb et d’Afrique saharienne sont directement en conflit d’intérêt avec les travailleurs français. Elles n’arrivent pas par hasard. En opposant les éléments d’un tout,  la classe sociale dominante désunie la dominée et assied son autorité. Le patronat en soutenant l’immigration affaiblit le pouvoir de nuisance (celui qui diminue ses gains) de son adversaire par l’afflux de populations aux aspirations divergentes. La gauche française, suivant elle aussi ses intérêts qui consistent à garder ses baronnies locales, sans souci du sort des ouvriers français dont une bonne partie jusque là votaient pour elle, voit en l’arrivée de ces gens un vivier d’électeurs salutaires pour assurer son maintien aux affaires. Une alliance objective entre la gauche et la droite est établie. Les banlieues rouges se transforment ainsi en banlieues musulmanes repoussant, rejetant, dans ce qu’on appelle dorénavant le péri urbain, par manque de moyens, des milieux véritablement populaires qui étaient ancrés depuis toujours aux abords des grandes villes.   (voir article « banlieue rouge »)

Une autre importante catégorie de français fuit carrément le pays. Les juifs de milieux modestes voient la violence gagnée leur quotidien. Au lieu d’un engagement absolu pour Israel, mots qui n’engagent que ceux qui les écoutent, la communauté juive aurait surement préféré que Manuel Valls leur assure sur le sol français la paix et la sécurité. Ces gens qui ont donné à la France quelques uns des plus grands écrivains, de Montaigne à Simone Weil par exemple, ou d’hommes politiques ou de chercheurs, se sentent en ce moment en danger du fait de l’accroissement de l’antisémitisme sur le territoire. Mais de ce racisme là, malgré les grands mots la main sur le coeur, les pouvoirs publics s’en foutent!

Alors les dirigeants sans respect pour le peuple provoquent sa crise identitaire, existentielle. Avec leur accord et leurs encouragements, une population toujours plus importante, pour qui les valeurs françaises sont autant de faiblesses, envahit le pays.

Beaucoup plus qu’une simple foi ou même qu’une attitude religieuse, l’Islam se caractérise par un ensemble de conduites et de comportements individuels et collectifs. En s’implantant en terre française elle se pose en alternative à la civilisation occidentale et rompt le légitime besoin de continuité du pays. Quand l’héritage et les traditions sont gommés, seuls subsistent des déracinés.

Frédéric Le Quer


 

 

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