Elevages français, le drame

Par Lundi 1 février 2016 Permalink 5

20% des élevages français sont au bord de la faillite. Le diagnostique est assez simple. Le rejet de l’agriculture bio de la part de la FNSEA qui s’est octroyée la mission de distribuer les aides publiques aux agriculteurs(!), concernant les denrées périssables (pour les grains aussi d’ailleurs!), place les éleveurs français directement en concurrence avec les allemands, premiers exportateurs européens qui ont fait de l’agriculture intensive leur choix de production. Seulement eux ont avec des exploitations de 1000 ou 2000 têtes des coûts en proportion moins élevés et les dégâts écologiques qu’ils causent ne sont pas payés par ceux qui les provoquent mais par la collectivité.

Pourquoi la FNSEA refuse-t-elle l’agriculture bio? Simplement parce que la multiplicité des petites exploitations produisant la même viande que les grandes germaniques permet aux industriels de l’agro alimentaire très concentrés, organisés en cartel, d’imposer leur loi, de fixer leur prix face à la division des intérêts qui leur fait face. Ce syndicat agricole ne défend pas le monde paysan mais défend celui des affaires et de la finance. Avec le ministre Stéphane Le Foll, choisi par Xavier Beulin, le monde paysan a devant lui des gens qui font semblant. Depuis cet été absolument rien n’a été fait, les promesses  étaient des leurres. L’arrêt de la régulation, des quotas, tue les petits agriculteurs. Les décisions de la commission européenne tuent l’élevage hexagonal. Jamais aucune grande puissance n’avait abandonné le secteur crucial de l’alimentation de son peuple. C’est ce que font en ce moment les politiciens français au pouvoir.

Voir articles:

http://politiqart.com/la-fnsea-et-son-president/

http://politiqart.com/les-agriculteurs-dans-la-mouise/

http://politiqart.com/une-crise-du-porc-epique/

Il est donc plus que temps de reprendre en main et réguler comme les puissances souveraines l’ont toujours fait le secteur agricole. Si la vision mythique des porcs gambadant librement autour des fermes du XVIIIe, du XIXe siècle et jusqu’aux années 60-70 est révolue, tout reste bon dans le cochon à condition qu’il soit issu de l’agriculture biologique. Dans ce domaine aussi c’est une certaine idée de la France qui est en jeu. Hélas nos dirigeants ont surtout une certaine idée de leur portefeuille!

Frédéric Le Quer

PS: image en une, Le Cochon, signé et daté en bas à droite Rembrandt 1643, eau-forte et pointe sèche. 145 x 184 mm, Bnf