Élections, piège à cons

Par Vendredi 31 juillet 2015 Permalink 24

Les maîtres du monde ont une dent contre les élections. Malgré la propagande, organisée par une presse à laquelle en France par exemple plus personne ne croit, les gens s’acharnent partout à mal voter! On a ridiculisé les votants au référendum grec début juillet, on s’apprête à faire revoter les électeurs turcs à l’automne .

L’islamisme intégriste d’Erdogan laisse l’occident pour le moment assez indifférent puisqu’il reste une pièce essentielle pour lutter contre Bachar El Assad en Syrie. Les 16% de gens qui ont voté pour un parti kurde axé sur la libéralisation de la société turque se révèlent comme des empêcheurs de tourner en rond! En plus ils semblent être de plus en plus nombreux… Tout cela est bien désagréable et amènera probablement l’interdiction du parti que le pouvoir accusera d’être lié au PKK, groupe kurde reconnu terroriste aussi par l’occident, lors de probables prochaines élections législatives pour qu’enfin les gens votent comme il faut.

Ailleurs, c’est pareil. Les citoyens français ou néerlandais ont été ridiculisés lors du vote sur la constitution européenne il y a dix ans puisque leur choix n’a absolument pas été pris en compte. Les irlandais pour le traité de Nice ont dû voter à deux reprises pour être amenés à céder. Les citoyens danois idem, après avoir dit non au traité de Maastricht ont dû recommencer pour enfin l’accepter. Aussi  maintenant quand un pays veut faire ratifier par le peuple sa demande d’entrée dans l’Union Européenne les électeurs ne se déplacent pratiquement plus comme en Croatie en 2012 où seul 43% des croates sont allés voter!

Il ne faut pas croire que les États Unis soient exempts de ce déni démocratique. Donald Trump, par exemple qui est actuellement le préféré des électeurs républicains pour les primaires à la future élection présidentielle sera laminé par Jeb Bush qui a le soutien de Wall Street et des Chambres de Commerce. Les médias s’y emploient!

Il semble que la démocratie ait connu son point d’acmé dans le courant du vingtième siècle avec les trente glorieuses et l’essor des classes moyennes mais que compte tenu des enjeux politiques et financiers en cause elle se doive de régresser pour sécuriser les patrimoines financiers gigantesques qui sont dorénavant constitués. Le monde entre dans une phase où le citoyen devient une valeur négligeable juste bon à ratifier des décisions prises bien en amont.

Frédéric Le Quer