Des élections qui en disent long

Par Mardi 16 septembre 2014 Permalink 20

L’Allemagne et la Suède viennent de voter dans un sens parallèle. La prochaine élection en Ecosse est partout observée et l’onde de choc en fonction du résultat pourrait déstabiliser toute l’Europe. Le gouvernement français demande un vote de confiance à l’Assemblée Nationale qu’il obtiendra à coup sûr mais les élections cantonales dans six mois pourraient engendrer du changement au niveau national.

A tout seigneur tout honneur, les élections régionales de dimanche en Allemagne intéressent l’Europe uniquement par la montée en puissance du parti eurosceptique et national-conservateur AfD (Alternative pour l’Allemagne).  Il s’installe dans le paysage politique à hauteur de 12%  des suffrages dans chaque land. Rien de bien méchant pour l’Union Européenne ni l’euro mais un avertissement sur la direction que prend l’opinion publique de gauche comme de droite.  Le parti ratisse large! Une monnaie qui était un symbole national, le mark, reste avec nostalgie dans toutes les mémoires et l’immigration, ce mouvement typiquement ultralibéral, est de moins en moins bien accepté par les populations. Les allemands, qui tirent pourtant des avantages indéniables de l’euro, ne le conçoivent pas comme les pays du sud. Ils le veulent fort pour ne pas avoir d’inflation et ainsi privilégier la rente. Normal pour un pays dont la population décroit et vieillit. Potentiellement explosif car les français, dont des millions n’ont aucune épargne, ont à l’opposé besoin de dynamiser leur économie avec une monnaie faible. Cette dichotomie ne durera pas. Soit l’euro est en sursis, soit l’un des deux pays sacrifiera ses intérêts nationaux.

La Suède voit un parti anti-immigration arriver dans son paysage politique à hauteur de 13% des voix. La crise économique fait craindre pour la pérennité de son état providence. Les populations européennes souhaitent aussi de plus en plus se protéger contre une éventuelle perte d’identité due au déferlement des populations musulmanes sur leur sol. Les partis traditionnels refusent de répondre à cette demande souverainiste et légitime. Ils se retrouvent débordés par un électorat qui demande à être pris en compte.

Le référendum pour l’indépendance de l’Ecosse devient au fil des jours un vrai suspens. Voir la Grande Bretagne amputée de sa plus belle partie d’un point de vue économique est une bombe aux effets ravageurs. (Les bourses ne s’en préoccupent pas, éblouis qu’elles sont par l’afflux continu de liquidité…). L’influence sur le reste de l’Europe est aussi déterminante. L’Irlande du nord craint de revoir une instabilité un peu oubliée en cas de victoire du oui. La Catalogne, le Pays Basque, le nord de l’Italie, la Flandre se verraient pousser des ailes. Tous les pays européens vont attendre anxieusement le résultat qui devra être lu, là aussi, comme une recherche identitaire.

En France, les députés vont voter la confiance au gouvernement Valls. Vrai faux suspens dans ce cas tant les parlementaires ont à perdre si ils ne la votaient pas. Les places sont bonnes et chacun constate que leur civisme s’arrête quand leurs intérêts personnels commencent… L’année prochaine les petites élections cantonales peuvent en revanche rebattre la donne. Trop mauvaises pour la « majorité » elles inciteraient le premier ministre à quitter le navire en train de sombrer. Un retour aux urnes pour un scrutin national serait alors possible et même souhaitable.

Ce n’est pas une crise politique quand les citoyens reprennent en main leur destin par les urnes. C’est l’exercice normal de la démocratie. Les aspirations des peuples s’éloignent de plus en plus de celles de leurs dirigeants. Au fil des différents scrutins il semble probable de voir l’Europe fortement évoluer.


 

 

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