Éduquer ou instruire

Par Mercredi 2 septembre 2015 Permalink 19

Les thuriféraires habituels d’un pouvoir « socialiste », regroupés au sein du corps enseignant à qui l’on proposera bientôt de travailler moins pour gagner plus afin de lui faire oublier la lamentable réforme des collèges et de le garder comme soutien électoral, comptant plus, peut-être à tort, sur sa fainéantise que sur sa conscience professionnelle, ces thuriféraires, donc, se retrouvent pour cette rentrée complètement perdus. Lorsque certains continuent à s’accrocher à l’idée d’instruire les élèves, d’autres se donnent la petite mission, d’ailleurs souhaitée par le gouvernement, de simplement les éduquer.

Les définitions du Larousse en disent long. Instruire: Donner des connaissances, des renseignements, augmenter le savoir, l’expérience de quelqu’un. Éduquer: Former quelqu’un en développant et en épanouissant sa personnalité.

Avec le projet voulu par la ministre Najat Vallaud Belkacem, le renoncement à l’apport de connaissances qui sans elles ne peuvent éveiller l’intelligence est patent. Le problème se situe clairement dans les quartiers d’immigration où les grands écrivains français et les moments clés de l’histoire nationale n’éveillent pas la moindre lueur d’intérêt dans l’œil déjà blasé ou fatigué des jeunes adolescents. La culture de rue matinée de superstitions religieuses venues de l’islam pratiqué par les parents semblent largement suffire à leur bonheur. Leur demander d’en savoir plus est perçu comme une horrible pression de type colonialiste et le refus est catégorique. Prenant acte de cet état de fait, l’accompagnant par dessus le marché, le pouvoir a décidé de rabaisser drastiquement les prétentions de l’enseignement public. La tolérance, la laïcité, légalité des droits entre les hommes et les femmes sont grosso modo les thèmes que dorénavant le professeur demande aux élèves d’assimiler, souvent en vain. Evidemment tout ça entièrement hors contexte historique ou littéraire mais en total synergie avec le journal de 20h à la télé. On est au degré zéro de l’instruction.

Après des rapports grassement payés par l’état viennent annoncer l’inégalité des chances entre les jeunes des centres villes et ceux des banlieues! Donner des diplômes qui ne valent rien ne dupe que celui qui les reçoit et sa famille mais en aucun cas ceux qui décideront un jour de l’embaucher ou pas. Si l’objectif de parents responsables devrait être d’éduquer son enfant pour en faire un « bon père de famille », ce qui ne se fait pas dans les quartiers d’immigration, le rôle d’une école publique payée par les citoyens est de l’instruire pour l’insérer dans l’histoire du pays où il vit. Mais aujourd’hui les parents sont irresponsables et l’école cherche à se substituer à eux et à leur devoir. Rien n’en sortira sinon la continuation de la dislocation de la société française.

Frédéric Le Quer