Éclairer l’enjeu politique des présidentielles

Par Mardi 31 janvier 2017 Permalink 4

Éclairer le choix démocratique des électeurs devrait être la charge du soi-disant quatrième pouvoir que sont les médias. Au lieu de cela un rideau de fumée s’élève au cours des milliers d’heures de débat infligées par les télés. Ce n’est pas un hasard puisqu’elles ont abandonné leur mission objective pour un option partisane. Essayons, nous, de mettre de l’ordre à l’offre politique!

Deux grandes catégories apparaissent. D’abord les souverainistes versus les mondialistes. Ensuite les partisans d’une politique de l’offre, i.e. qui favorise les profits entrepreneuriaux contre les partisans d’une politique de la demande qui favorise une relance de la consommation de masse grâce aux allocations et aux hausses de salaire.

Actuellement au pouvoir, les mondialistes ont mis en place une politique de l’offre de manière très orthodoxe (voir le cice). L’Union Européenne les aiguille. La BCE leur dicte ce qu’ils doivent faire en adoucissant souvent le dictât allemand. François Hollande depuis cinq ans à la manœuvre reste résolument pour cette option. Emmanuel Macron souhaite la renforcer. François Fillon aussi. Entre eux, il s’agit principalement d’une question de nuance. Pour les français, c’est une question de déclassement.

Chez les mondialistes, il y a aussi ceux prônant une politique de la demande. C’est le cas par exemple hors des frontières de Pablo Iglesias en Espagne. En France l’offre est pléthorique avec tous les suiveurs de Mélenchon et maintenant ceux de Hamon. Le seul à être arrivé au pouvoir est Tsipras en Grèce. Le résultat est clair: la politique de l’offre lui fut imposée dans le cadre d’un déni de démocratie par Bruxelles. Mitterrand en 81 a tenté la politique de la demande au sein d’une mondialisation balbutiante, limitée à l’occident à cette époque et on sait ce qu’il en est advenu. Aujourd’hui les mondialistes européistes, onusiens, qui veulent une politique de la demande sont incohérents puisqu’on voit qu’elle est inapplicable en parallèle à la globalisation.

Les souverainistes qui veulent une politique de l’offre, genre Dupont Aignan, sont dans la plus totale confusion intellectuelle car elle demande la planète entière pour pouvoir s’exprimer. Souverainisme et politique de l’offre sont d’une certaine manière devenus antinomiques.

Le souverainisme n’a de raison d’être, de sens économique, que dans le cadre d’une politique de la demande. Cette dernière n’aura une chance de fonctionner en limitant le chomage et en améliorant le pouvoir d’achat que si elle sort du cadre imposé par la mondialisation. Le repli sur soi peut relancer l’économie en mobilisant les forces vives d’une nation qui s’applique à se suffir à elle-même avec des citoyens soudés. Rien n’est certain mais c’est une possibilité que tentent actuellement les Etats-Unis.

L’issue des futures présidentielles est dans ces paramètres et c’est pour cela que Marine Le Pen doit arriver au deuxième tour contre Macron ou Fillon. S’ils comprennent l’enjeu politique au sens noble, les français auront alors un choix capital à faire pour leur avenir.

Frédéric Le Quer