Drôle de reportage de l’audiovisuel public

Par Jeudi 28 septembre 2017 Permalink 1

Le budget de la nation est un acte politique majeur. En le prenant par le petit bout de la lorgnette, l’observateur constate que le budget de l’audiovisuel public est fortement en baisse et, dans ce segment, la télé est particulièrement visée. Le citoyen informé par le journal de 20 h de France 2, doit-il s’en inquiéter? Au vu d’un des reportages diffusé hier soir, sans doute pas!

Il s’agissait de parler des transactions immobilières et, peut-être, mais rien n’était très clair parce qu’on n’osait pas trop en dire, du manque de liquidité du marché actuel. Une solution concernant les ventes aux enchères des notaires qui de tout temps ont existé, était proposée pour palier à la difficulté de vendre son appartement. On avait déjà un peu l’impression que le journaliste se plaçait sur le registre de la nouvelle économie! C’était un peu bizarre pour une méthode plus que centenaire, mais passons!

Le plus drôle était à venir avec l’autre solution qui à en croire la rédaction de France 2 se plaçait cette fois résolument dans la nouvelle économie. Une société était mise en avant en étant à plusieurs reprises qualifiée de startup. Wikipedia désigne comme une startup, « une jeune entreprise innovante à fort potentiel de croissance qui fait souvent l’objet de levées de fonds ». Mais alors que proposaient ces révolutionnaires de l’immobilier? Ils proposaient d’acheter à vil prix un bien pour que le propriétaire ait plus vite ses sous. Dans le temps, on n’appelait pas ça une startup, mais un marchand de biens! Et encore… Le marchand de biens apportait une valeur ajoutée à ce qu’il achetait soit en mettant un immeuble en copropriété, soit en rénovant des appartements sans confort. C’était un travail des années 70, 80 qui vit des fortunes se bâtir jusqu’à la première guerre du golfe qui, à l’été 90, participa au retournement total du marché avec effondrement des prix, disparition des marchands de biens ruinés et de banques en faillite spécialisées dans ce secteur comme la Sofal ou La Hénin.

Pour en revenir à nos moutons, la startup d’hier soir n’avait absolument rien inventé. Sa qualification de startup était très abusive voire mensongère. Pire, l’entreprise n’apportait aucune valeur ajoutée à ce qu’elle achetait mais profitait juste d’un propriétaire aux abois pour se faire une coquette marge sur son dos. Dans l’exemple, l’appartement valait 600 000 €. La startup proposait 500 000 €. Avec ses frais de notaires réduits de 15000 € maximum, elle escomptait donc une marge brute (je ne sais pas ce qu’elle empruntait et à quel coût…) sur cette opération de 85 000€.

Voilà donc le genre de business que le service public met en exergue. Un business sale. Le soi-disant disant startuper n’apportait rien, l’appart était impeccable. Il cherchait juste à se goinffrer sur le dos du type qui devait vendre vite!

Les crédits vont donc être coupés partiellement pour cette télé de merde! Compte tenu du manque total de rigueur de ses journalistes, personne ne s’en plaindra!

Frédéric Le Quer