Djihadistes, Etats-Unis, France

Par Jeudi 25 septembre 2014 Permalink 20

La vidéo commence avec une chaîne d’information en arabe pendant quelques dizaines de secondes. D’un coup, l’image et le son sont coupés. Cinq hommes armés à l’écran apparaissent placés dans un endroit caillouteux sur fond de paysage aride. Quatre sont debout,  le visage caché par un foulard et un est à genou devant eux, bien reconnaissable. Il s’agit de cet alpiniste français capturé en Algérie par une mouvance islamique sévissant au Maghreb. Rien indique le jour de cette scène. Quatre minutes vont s’égrainer sur un plan fixe avec la voix d’un des ravisseurs ne cessant de parler; seul le mot Allah est parfois compréhensible quand on ne parle pas arabe. Personne ne bouge. Le français regarde parfois à droite et à gauche, impassible. Le calme de ce groupe est proprement terrifiant. Au bout d’un moment, l’otage est basculé sur le coté, il n’a toujours pas l’air de se révolter et l’un des arabes s’apprête avec un long couteau à lui couper le cou. La scène n’est pas retransmise. Seul le tout début qui laisse présager de la suite est visible. Puis après la coupure c’est le même plan fixe. Les quatre djihadistes paradent debout, l’un tient la tête du français par les cheveux, son corps est allongé à leurs pieds dans une marre de sang.

Cette horreur diffusée partout dans le monde est un message qui ne saurait servir le monde musulman. Seuls des fous peuvent y voir une raison de s’enrôler.

Cette horreur est aussi bien loin de justifier notre rôle de supplétif des américains. Annoncer depuis le début sur tous les toits que rien ne serait négocié avec les ravisseurs a été une curieuse manière de faire. Il fallait par là certainement contenter Barack Obama qui ne voulait plus que la France paie les terroristes pour récupérer ses otages. C’est fait.

Nos deux malheureuses frappes jusqu’ici contre l’Etat Islamique n’ont pas fait beaucoup de mal. Mais le pays est un maillon faible. Les risques en le défiant sont mesurés. Le chef d’état est dans la posture, dans le coup de menton. Compte tenu des finances publiques, notre armée ne peut strictement rien contre la création de ce califat en Irak, en Syrie, demain en Jordanie…

La France se perd dans cette guerre. Etre le meilleur allié des Etats Unis en Europe n’est pas l’élaboration d’une politique étrangère pertinente alors que les américains sont détestés par les populations arabes du Moyen-Orient. Aucune issue aux bombardements occidentaux n’est vraiment proposée. La guerre n’a de sens que lorsqu’un projet politique la justifie. Quand on n’a pas de projet, le mieux est encore de rester chez soi.

Frédéric Le Quer


 

 

20