Le djihad

Par Vendredi 27 février 2015 Permalink 17

Concernant l’époque moderne, le djihad qui consiste à défendre ou étendre l’islam à travers le monde, a commencé avec la guerre d’Afghanistan, perdu par les russes en 1989 et gagnée par des afghans qui sans l’aide américaine ne seraient pas allés bien loin. La suite a bouleversé le monde, avec peu de temps après, la chute de l’empire soviétique. Depuis les assauts s’accumulent, laissant quelques années entre chaque attaque plus ou moins meurtrière dans les pays occidentaux.

La France, par ses liens historiques, est principalement victime des islamistes algériens possédant souvent des papiers français. En 1995, son parti pris en faveur des autorités algériennes contre le GIA (thèse officielle mais rien n’est jamais clair concernant les relations franco-algériennes!) entraîna huit morts et deux cents blessés auxquels on peut ajouter les moines de Tibhirine l’année suivante.

Le 11 septembre présente un tournant considérable et probablement contre productif pour la mission musulmane d’islamisation de la planète. La puissance symbolique des attentats a paradoxalement fragilisé un temps le djihad. Mais les dégâts humains sont effrayants avec 2996 morts et 6291 blessés,  et justifient la mobilisation d’impressionnantes forces militaires au moyen-orient et une répression qui a mis à mal l’organisation Al Qaida.

Pourtant Madrid, en 2004, est touché par les bombes posées par des islamistes marocains et ce sont encore près de deux cents personnes qui périssent et mille quatre cents autres qui sont blessées. L’année suivante des attentats suicides d’islamistes de nationalité britannique à Londres font encore cinquante six morts et sept cents blessés.

L’Etat Islamique, dont les racines remontent à la fragilisation de l’Irak suite à l’intervention américaine, nait en 2007. Installé  sur des parties de l’Irak et de la Syrie, ses ambitions immédiates se tournent vers la Jordanie, le Liban et la Palestine. Indéniablement, il redonne un coup de fouet aux vocations terroristes et met en place une propagande internationale dont l’efficacité peut se juger à l’aune des combattants venus du monde entier s’engagés pour le djihad.

Les derniers attentats en France s’inscrivent dans cette veine. Au lieu de représenter l’aboutissement organisationnel d’un groupe, ils constituent les prémices d’une sauvagerie, connue depuis longtemps dans le monde arabe, en occident. Le Canada deux mois plus tôt, le Danemark récemment viennent aussi de subir ces assauts meurtriers.

Le recrutement pour le djihad s’avère de plus en plus efficace. Les tentatives de déradicalisation se heurtent à des endoctrinements conçus sur la base de discours sectaires endoctrinant des milliers d’individus vivant en Occident. Le fondamentalisme religieux séduit un monde en crise. En plus, l’anarchie régnant en Libye annonce des moments tragiques. La guerre de l’islam contre les valeurs occidentales est l’événement majeur d’un siècle où le retour en force du religieux a tout pour épouvanter.

Frédéric Le Quer