Dichotomie entre dirigeants et dirigés

Par Lundi 8 juin 2015 Permalink 16

L’échec des politiques économiques entreprises par les dirigeants au sein de l’Union Européenne a favorisé l’émergence de nouveaux partis partout en Europe. La défense du bien commun, la reprise en main des choix politiques par le citoyen, la souveraineté populaire sont les thèmes qui fédèrent un nombre croissant d’individus quel que soit le pays. Et l’espoir ainsi dispensé crée l’enthousiasme.

Pendant ce temps, au Part Socialiste, un congrès à Poitiers se tient dans l’indifférence générale. Les leaders se congratulent, ce qui reste de militants applaudit, les télévisions multiplient les directs écoutés par personne. Ce groupuscule transparent détient les rênes d’un pouvoir dont il use et abuse au milieu de l’apathie citoyenne. Seul Emmanuel Valls par ses frasques avionnesques arrive encore à faire lever un sourcil à une population qui commence à en avoir vu des vertes et des pas mûres…

« La reprise est là. Qui d’autre que nous peut le dire? ». Cet éclair de lucidité est venu ce week-end de notre premier ministre dans son discours à ses « chers amis » après son voyage éclair pour encourager le Barça. En effet à part lui et ses congénères pour qui argent et pouvoir, pouvoir et argent forment une dialectique s’envolant vers des sommets inaccessibles aux communs des mortels, personne n’a encore vu le moindre semblant de reprise. Et ce n’est pas faute pour ces caciques d’imaginer de nouveaux concepts cherchant à expliquer, faire patienter, prendre pour des cons les gens qu’ils dirigent. Stagnation séculaire, croissance molle, croissance sans emploi sont là pour expliquer chômage, taxations, insécurité qui peuvent être racontés par tous sauf ces chefs de partis institutionnalisés ignorants ou pire insouciants des difficultés. Aussi, ils sont particulièrement contents de ce qu’ils font avec un mépris toujours plus grand pour ceux qui au lieu de voir un quelconque changement de leur quotidien s’aperçoivent au contraire que le travail au lieu d’être un droit est devenu un privilège, que les jeunes sont dans l’incapacité de voler de leurs propres ailes après des études de plus en plus longues, que les libertés sont contraintes, que les fins de mois commencent  très tôt, ou que la culture n’est dispensée qu’à une élite.

Tous les nouveaux mouvements qui émergent à travers une Europe en déclin représentent une bouffée d’espoir. Ils s’érigent face à des dirigeants poussiéreux aujourd’hui pour canaliser leurs dérives, et demain, il faut y croire, pour montrer qu’une voie alternative respectant les aspirations du peuple peut conduire vers une Europe solidaire et non vers celle de l’argent faite au bénéfice de quelques un et au détriment de tous les autres.

Frédéric Le Quer