Des tableaux anciens à Drouot

Par Jeudi 18 février 2016 Permalink 24

Hier à l’Hotel des ventes de Drouot chez Fraysse & associés svv, dans une salle en sous-sol, quelques tableaux anciens en provenance d’un château en Berry étaient à vendre à l’encan. L’ensemble assez hétérogène ne provoquait pas un enthousiasme immodéré parmi les acheteurs, d’autant plus qu’indéniablement les temps ne sont pas aux records de prix concernant les œuvres d’art de moyenne gamme. Cette clientèle de gens aisés sans être richissime voit apparemment l’avenir avec cette anxiété qui n’est pas propice à la consommation. Toutefois deux résultats complètement opposés sont significatifs.

Le premier, image en une de l’article, est un tableau de l’école hollandaise du siècle d’or, signé de Jan van Bijlert (1603-1671), un peintre d’Utrecht fort prisé de son vivant à l’inspiration caravagesque, représentant Paris et Oenone. C’est une tragique histoire mythologique  comme d’habitude dans laquelle Paris et Oenone sont amants mais Paris la quitte pour Hélène. Paris blessé au combat demande à Oenone de le soigner car elle en est évidemment la seule capable et elle refuse par vengeance. Bourrée de remords, elle se suicide! La représentation picturale n’est guère significative mais néanmoins la toile (123,5 x 91 cm) bénéficie d’une belle provenance et de son inscription dans le catalogue raisonné de l’artiste. Résultat des courses, elle part après une bataille d’enchère entre un amateur dans la salle et un téléphone (ils n’étaient que deux mais c’est suffisant pour faire monter les prix!) pour environ 65 000 € frais compris sur une estimation entre 30 000 et 50 000 €.

A l’autre bout du spectre, l’école flamande ci-dessous, vers 1600 eut beaucoup de mal à dégoter un client et fut adjugé environ 500 € frais compris sur une estimation haute du triple. La déposition du Christ au-dessus de la télévision du salon n’est pas un décor très recherché! Les fentes sur le panneau en chênes fait de trois planches (61 x 88 cm) et les restaurations mêmes anciennes firent le reste… C’est le genre d’oeuvre à poser dans la petite chapelle attenante à son manoir comme proposa le commissaire priseur un rien goguenard; les spectateurs dans la salle n’avaient l’air d’avoir ni manoir, ni chapelle!SAM_1023

Ainsi vont les ventes à Drouot en ce début d’année. C’est compliqué et l’argent a plutôt du mal à circuler. C’est assez emblématique de la situation économique. Seules les vacations concernant l’or, les bijoux, les métaux précieux en général ne déçoivent pas…

Frédéric Le Quer