Député, un métier pas facile!

Par Samedi 29 novembre 2014 Permalink 25

L’Assemblée Nationale, plus engagée que jamais, n’a pas hésité à tourner ses débats cette semaine sur deux sujets l’enthousiasmant particulièrement. Il s’agit de l’avortement et du Proche Orient. Un député, un vieux de la vieille, souhaitait rajouter la paix au Vietnam et était soutenu par quelques uns de ses collègues.  Heureusement à la dernière minute, un élu du peuple, féru d’actualité, les a alertés que la paix au Vietnam datait de quatre décennies! Ouf! On a échappé à la boulette.

Concernant l’avortement, devant des ennemis imaginaires et la canonisation simultanée de Simone Veil, les discours furent grandioses, les élans pathétiques, l’émotion indescriptible. Chaque député put y aller de son couplet sur les imprescriptibles droits des femmes, sur la libération sexuelle ou l’égalité homme-femme. Des trémolos dans la voix, tous les élus du peuple, quelque soit le parti, démontrèrent sur le sujet un bel exemple d’union nationale. Attention, que personne ne s’avise à remettre en cause l’IVG, menacèrent-ils avec courage et détermination; on allait voir ce qu’on allait voir…

Toujours prêt à parler pour ne rien dire, la représentation nationale décida ensuite de prendre à bras le corps un sujet cette fois véritablement brûlant mais sur lequel elle ne peut strictement rien! Qu’à cela ne tienne, des débats acharnés continueront jusqu’à la semaine prochaine pour la paix entre arabes et israéliens et pour savoir si oui ou non la France doit reconnaître un état palestinien, ce qu’elle fera d’après Laurent Fabius « le moment venu »! Les prises de bec furent multiples et un député voulut même venir symboliquement avec des cailloux, genre intifada, pour montrer la détermination du Parti Socialiste à conserver son électorat musulman, le seul qui lui reste encore…

Pendant ce temps, l’INSEE vient de faire paraître les derniers chiffres du chômage qui n’intéressent personne, sinon la population française. « S’y s’passe quelqu’chose, on vous l’dira! », comme chantait Renaud dans son album de 1981: Le retour de Gérard Lambert.

Frédéric Le Quer