Déménagements d’entreprise

Par Mercredi 11 janvier 2017 Permalink 3

Les déménagements d’entreprise se multiplient dans la région parisienne. Foin de départs lointains à Londres ou dans des paradis fiscaux. Foin même de départ dans nos belles provinces françaises. Il s’agit principalement de transférer une société d’est en ouest, d’ouest en est, du sud au nord ou du nord au sud de l’Île de France.

A l’évidence, il ne s’agit pas là à proprement parler de délocalisation permettant de mettre le pied dans une région aux avantages économiques compétitifs. Ni personnel plus qualifié, ni pôle de compétence technologique particulier, ni infrastructures mieux adaptées, elles le sont parfois même moins bien. L’entreprise demeure en Île de France. Est-ce une façon d’aménager le territoire de manière plus optimale? Non, on déshabille Pierre pour habiller Paul. En revanche à chaque fois, il est question de passer d’un bout à l’autre de la région parisienne et le plus loin possible sera le mieux, surtout ne pas rester à proximité de l’ancien lieu de travail.

Cette jolie technique managériale n’a en vérité qu’un seul but: Dégraisser.

Le vieux personnel embauché depuis plus 20 ans est en France indéboulonnable. Surpayé par rapport à ce que toucherait un jeune sorti de l’école actuellement, moins productif aussi qu’un néophyte aux dents longues taillable et corvéable à merci, il bénéficie légalement d’indemnités de licenciements si importantes que l’entreprise ne peut se permettre de l’incorporer dans une charrette. Alors celle-ci a trouvé le moyen de se priver de ses services sans débourser un radis. Plus de 45 ans, une maison, une famille, une vie sociale, des habitudes, une qualité de vie sont ainsi remises en cause suite à la décision de transférer le lieu de travail avec des trajets domicile bureau de deux heures par jour. Les déménagements d’entreprise deviennent pour le salarié la catastrophe: soit les pauvres gens s’esquintent dans les transports, soit ils ont le recours de démissionner.

Démission est égale à jackpot pour l’entreprise et le tour est joué! Triste vie!

Frédéric Le Quer