Haro sur Puigdemont !

Par Vendredi 10 novembre 2017 Permalink 3

C’est une volée de bois vert que reçoit actuellement, de tous les cotés, Carles Puigdemont de la part des médias aussi bien officiels qu’alternatifs. Le président destitué de la Généralité de Catalogne en exil politique en Belgique ne trouve grâce aux yeux de personne pour des raisons diamétralement opposées mais tout aussi définitives.

L’argument de la démocratie en danger est utilisé par l’Union Européenne et la presse. La révolution est dans l’UE une hérésie. Le droit, les tribunaux existent pour contenir les aspirations populaires légitimes ou non. L’illégitimité de la déclaration d’indépendance catalane doit renvoyer à d’autres élections que celle empêchée par la force par Rajoy et ses affidés. Il y a soi-disant trop de catalans qui se sentent espagnols pour laisser libre court à la volonté des nationalistes catalans. Une décision d’indépendance ne se prend pas à l’arraché. Le prochain scrutin du 21 décembre consenti par Madrid va le démontrer.

Les médias alternatifs ont bien compris que la dislocation de l’Espagne pouvait engendrer celle de l’Union Européenne. Ils auraient bien fait de Puigdemont un martyr pour galvaniser la population catalane et exacerber sa haine envers Madrid et le gouvernement central. Le leader indépendantiste a refusé de se prêter à ce rôle préférant l’asile politique à Bruxelles. Son manque de courage est alors stigmatisé assez logiquement puisqu’il a ainsi laissé le champ libre à Rajoy pour reprendre la main sur la province d’autant plus facilement qu’elle est dite en pleine crise économique.

Le grand barnum électoral est en train de se mettre en marche. Les sondages s’activent avant l’élection en donnant des indications allant dans le sens de catalans voulant rester espagnols. Peu importe que ce soit la vérité, ils ne sont pas là pour indiquer l’état de l’opinion mais pour fabriquer une opinion publique et ils ont le champ libre. Le droit à l’autodétermination s’est arrêté en fragilisant la doctrine européiste du vivre ensemble et de l’abolition des frontières. Les indépendantistes ne maîtrisent plus rien et seront jusqu’au 21 décembre ballottés par les événements. En plus ils sont maintenant complètement divisés. Leur chant du cygne a commencé.

Frédéric Le Quer