Demain, la grève

Par Lundi 9 octobre 2017 Permalink 1

Les fonctionnaires à l’appel de leur organisation syndicale feront grève demain. CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et Autonomes appellent ensemble, pour la première fois depuis dix ans à cette contestation. Au préalable, ce soir à 18 h, la CGT a invité «toutes les organisations syndicales et de jeunesse» à son siège à Montreuil, en région parisienne. Il s’agit de «réfléchir» à une nouvelle journée de mobilisation syndicale contre les ordonnances. FO, la CFE-CGC, la CFTC et Solidaires y seront.

Le conflit entre le gouvernement et les gens qui ne sont rien s’organise donc. Quelques soient les raisons corporatistes qui feront lever les salariés, c’est toute une appréhension de la société actuelle qui est en cause. La seule question est de savoir si les dirigeants économiques peuvent continuer à inflater le capital, i. e. continuer à rendre de plus en plus chers les actifs mobiliers qui enrichissent exponentiellement les plus riches et en parallèle demander des efforts financiers à tous les autres, les pressurer, accroître leurs impôts, diminuer leurs revenus, les jeter dans une insécurité qui de fait les rend de plus en plus serviles de peur d’être dans une situation encore pire, d’accepter des jobs d’indépendants sans protection sociale qui les précarisent tout en augmentant les bénéfices des grandes entreprises, diminuer les retraites en sabrant celles par répartition.

Deux visions de la société s’affrontent, l’une mettant en exergue le fait que l’homme soit un loup pour l’homme, l’autre tendant à considérer avec Albert Camus qu' »un homme, ça s’empêche », ça s’empêche dans notre cas de glorifier le profit de quelques uns comme on le fait maintenant, sur le dos des difficultés des autres. Une société peut raisonnablement partager, peut faire bénéficier l’ensemble des citoyens du progrès comme les trente glorieuses en témoignent avec des taux de croissance formidables aidant tout le monde à l’inverse de notre petite croissance qui n’apparaît réel qu’aux yeux de ceux dont le compte en banque est à 8 ou 10 chiffres.

La grève de demain est donc un test important qui va donner le la au reste du quinquennat. Si la mobilisation est insuffisante, les citoyens français se verront rouler dans la farine pour les années à venir et devront supporter les exigences toujours plus nombreuses d’une caste qui n’en a jamais assez.

Frédéric Le Quer