Déficit chéri, mon amour

Par Mercredi 20 août 2014 Permalink 21

Les états européens font aujourd’hui du déficit public comme hier les mêmes faisaient de l’inflation.  Avec inconséquence. Inéluctablement. Structurellement. La France l’avait promis à 3,8% pour 2014, il sera proche de 5%! Les recettes ne compensent décidément plus les dépenses!

Tous les états européens? Non. Un pays résiste encore et toujours au centre de l’Europe. L’Allemagne. Ce pays qui n’a pas su résister à l’hyper inflation  après la crise de  29. Ce pays qui a amené suite à ça l’un des régimes les plus cruels n’ayant jamais existé.  Ce pays qui a organisé rationnellement l’éradication d’un peuple. Les allemands  disent en le pensant profondément « plus jamais ça ». Ils voient la dette  comme le revers de la même médaille, celle dont l’avers est l’inflation. L’Allemagne  vise donc l’équilibre entre les recettes et les dépenses dès cette année.

Maintenant que la création monétaire est en zone euro impossible du moins état par état ceux-ci s’endettent pour boucler leur budget unilatéralement. Le financement de la dette par l’emprunt obligataire est une option choisie par Raymond Barre à la fin des années 70 en remplacement de l’utilisation de la planche à billet qui est pourtant moins coûteuse pour l’état. La continuation de ce choix a aussi été imposée par ceux qui ont gagné la lutte des classes, les riches. Fini d’euthanasier le rentier par l’inflation, l’heure est à faire suer le burnous des classes populaires. Elles doivent rembourser l’argent prêté  quelques soient les circonstances, quelques soient les difficultés, quelque soit le coût. L’impôt doit rentrer pour rembourser les créanciers.

Jens Weidmann,  le président de la Bundesbank, enfonce le clou: « la France doit donner le bon exemple notamment en matière budgétaire » et pour ce faire il précise que c’est à chaque gouvernement et non aux voisins de créer un environnement favorable pour l’emploi et les entreprises!

Telle que la zone euro est conçue, la France ne s’en sortira pas. La dette va continuer d’augmenter, chaque année davantage, car c’est à court terme la seule solution possible pour éviter un cataclysme social. Mais un jour les créanciers diront que ça suffit et ce jour décidera d’une guerre intérieure. En attendant, les hommes politiques qui ne sont intéressés que par le présent, pour renouveler leur mandat, choisissent la solution la plus facile même si elle se révélera tragique. Le déficit public se creuse au mépris de l’avenir du pays.

Frédéric Le Quer