Deep state, l’erreur de calcul

Par Mercredi 28 septembre 2016 Permalink 4

L’état profond a peur. Le deep state comme disent les anglo-saxons tremble sur ses bases. La vitesse avec laquelle les médias se sont empressés d’expliquer aux auditeurs à peine réveillés, hier matin, que dans la nuit Hillary Clinton aurait gagné son duel contre Donald Trump, montre le malaise général du milieu, petit par le nombre, grand par son importance, composé de banquiers, hauts fonctionnaires pantouflards, dirigeants de multinationales, dirigeants politiques, et leur relais, les journalistes salariés dont le statut dépend des susmentionnés.

Alors que tous ces monstres sont de plus en plus riches, détiennent de plus en plus de pouvoir, jamais ils ne se sont sentis aussi fragiles. Ces colosses aux pieds d’argile tentent par tous les moyens d’assagir une population qui croit encore en la démocratie tout en voulant se l’approprier enfin, après des années d’un suivisme lymphatique ayant fait régresser ses conditions de vie. Ce milieu ultra favorisé ne devrait pas se plaindre. Pour le moment, nulle part en occident, la révolution n’est proche. Nulle part un mouvement social d’ampleur ne s’est révélé. Mais plus ils sont riches et puissants plus ils ont peur de perdre ce qu’ils ont. L’élection éventuelle d’électrons libres de la politique les effraie. C’est pourtant le moins dramatique qui pourrait leur arriver: des gens mal policés certes, mais qu’il y aurait surement moyen d’amadouer ou même de torpiller une fois au pouvoir. Le mur de l’argent a toujours existé!

Alors les journalistes du même milieu grâce à leurs origines familiales ou voulant simplement conserver leur emploi s’empressent d’asséner la bonne parole qui doit avant tout bénéficier à leurs maîtres. « Trump est un misogyne lourdaud et raciste » « Marine Le Pen est une fasciste » « Frauke Petri une nazi »… Pour le moment pourtant seuls le leader de UKIP ou celui de Pegida ont subi des tentatives d’assassinat. Mais bien sûr les médias ne se sont guère faits l’écho de ces actes criminels. Leur unique grande affaire est de décrédibiliser ceux dont leurs patrons ne veulent pas. L’interview par Ruth Elkrief de Marine Le Pen avant hier était un modèle du genre. Le compte rendu du débat Trump Clinton en était un autre. En fait concernant ce débat, le deep state était soulagé, juste soulagé! Clinton ne s’était pas faite laminer et c’était fêté comme une victoire!

Les ploutocrates font actuellement une terrible erreur de calcul. Ils s’arc-boutent sur un monde qu’ils ne veulent pas voir bouger du tout. Ils devraient se rappeler de Tancredi disant à son oncle Salinas dans le Guépard: « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change ». Aussi s’ils ne laissent pas passer ce souffle d’espoir peut-être relatif, espéré par les peuples, représenté par quelques partis alternatifs, un bouleversement révolutionnaire catégorique leur pend au nez.

Frédéric Le Quer