Débâcle démocratique en Autriche

Par Mardi 13 septembre 2016 Permalink 1

Le président Bongo dit un jour cyniquement qu’un gouvernement autrichien n’organisait pas des élections pour les perdre. Un gouvernement autrichien… A moins que ce fut un gouvernement africain? J’ai un peu oublié de qui il parlait exactement… Peu importe! C’est kif-kif bourricot.

Les pouvoirs du Président en Autriche vont beaucoup plus loin qu’en Allemagne. En plus de la nomination et la prestation de serment du gouvernement, il peut rejeter le chancelier fédéral ou même l’ensemble du gouvernement tout en devant tenir compte de la majorité élue au Parlement. Aussi l’élection éventuelle de Norbert Hofer en remplacement de Heinz Fischer fait grincer des dents. L’homme dirige le parti FPO et s’inspire de Margaret Thatcher ou de Charles De Gaulle pour justifier sa vision d’une Europe de nations. Voilà donc le problème de ce pauvre Hofer: il est souverainiste! Evidemment il ne vient pas non plus du sérail, en plus loin d’être marié à une héritière, sa femme est aide soignante.

Alors l’Autriche se ridiculise devant les européens aidée en cela par toute l’Union Européenne. Election invalidée parce que truquée, puis élection reportée. Voilà un bel exemple de crise de la démocratie qui vient d’en haut! Pire peut-être les enveloppes qui ne collent pas, prétexte à annuler les élections d’octobre prochain viennent d’Allemagne! On est très loin d’un problème de hacker, de cloud, de cyber technologie: l’adhésif des enveloppes est de piètre qualité; la Deutsche Qualität branle dans le manche! Evidemment le ministre de l’intérieur chargé de l’organisation du scrutin ne démissionne pas. On le comprend, le nôtre qui a des centaines de morts et de blessés à son actif est scotché place Beauvau comme une moule à son rocher. Alors des enveloppes défectueuses, ce n’est pas grand chose…

Le refus des autorités autrichiennes d’accepter les choix du peuple mine profondément la démocratie. Pour octobre date initiale de l’élection, les sondages étaient clairs, plus du tout dans la marge d’erreur et donnaient gagnant celui que Bruxelles, Berlin et le gouvernement de Vienne ne veulent pas voir élu. Alors ces gens se donnent deux mois supplémentaires en espérant que ce temps soit suffisant pour inverser les résultats. Cette débâcle démocratique serait comique si ce n’était les valeurs même des démocraties occidentales qui étaient en jeu. Imaginez Marine Le Pen élus au deuxième tour de la présidentielle! Rien ne dit aujourd’hui qu’on la laissera s’installer à l’Elysée.

Frédéric Le Quer