De Paris à Berlin

Par Jeudi 2 juillet 2015 Permalink 23

Les autorités allemandes dans l’Union Européenne et en particulier dans l’union monétaire sont égales à elles-mêmes. Leur ligne politique est claire, leur engagement en faveur de leur peuple est indéniable, la solidité de leurs résultats économiques imposent le respect. La stratégie française, faite de flou, d’improvisation et d’incompétence éloigne toujours plus Berlin de Paris.

Depuis que les chanceliers allemands sont issus de Länder d’origine protestante, les incompréhensions entre les deux pays se multiplient. A la vision d’avenir claire et sereine, à la sévérité et à la rigueur des uns répondent l’imprécision, les revirements, les jeux de pouvoir sans lendemain des autres. A chaque fois les gouvernants français se révèlent ridicules dans leur prises de position quelque soit le dossier parce que le sujet leur importe bien moins que la perception qu’en aura l’électorat. Ils s’essayent à la persuasion quand de plus grands qu’eux convainquent. Alors la démocratie effraie des politiciens français prêts à se raccrocher à n’importe quelle branche pour conserver leur sinécure.

Les prises de position du président de la république hier concernant le dossier grec resteront dans les anales. Après avoir rencontrer le matin des personnalités religieuses, exercice dans lequel ce laïc se complet, pour constater que quand il fait trop chaud on étouffe, il s’évertua tout l’après midi à prendre des positions concernant la Grèce, toutes, soit déjà périmées, soit carrément grotesques. Avec sérieux il exigea un accord « tout de suite » et, emporté par son élan il constata que cela étant fait il n’y aurait plus besoin pour les hellènes d’aller voter dimanche. Le wishfull thinking dura jusqu’à ce qu’un conseiller mieux au fait du sujet l’avertisse enfin de la position allemande, celle donc de la zone euro totalement opposée à la sienne et qui serait suivie.

Pourtant Wolfgang Schauble, dès la fin de matinée, n’avait laissé aucune porte ouverte pour tout autre voie: pas de négociation avant le référendum grec. Il suffisait donc à François Hollande de se taire sur le sujet comme il le fait depuis le début. Quelle idée a bien pu lui passer par la tête? Aucune certainement, à part la peur, toujours mauvaise conseillère, de l’inéluctable remise en cause d’une zone géographique correspondant à l’€ dans laquelle il voit son salut alors que la criante hétérogénéité de celle-ci compromet de plus en plus grandement l’avenir des européens.

Angela Merkel reste droite dans ses bottes, assurée qu’elle est du soutien de son peuple. Depuis le résultat du référendum de 2005 et le refus des caciques de le prendre en compte, le pouvoir en France a perdu une bonne part de son assise démocratique. L’endettement souverain qui explose rend inaudible la voix du pays. La violente ethnicisation qu’il subit le fragilise. La médiocrité des dirigeants couronne l’ensemble.

Frédéric Le Quer