De Nutella à Jeff Koons

Par Vendredi 26 janvier 2018 Permalink 1

L’obscénité des milliardaires n’a plus de limite sous le régime du président des riches. Les pauvres deviennent un sujet de plaisanterie, leurs malheurs, l’occasion de défiscaliser gros.

Intermarché brade les pots de Nutella en les transformant en œufs de pâques à chercher à travers tout le magasin. Des gastronomes s’étripent pour bénéficier des trois euros de réduction et avoir ainsi la chance de manger du gras très sucré pour pas cher. L’idée est surement celle d’un pauvre aussi, comme les clients de l’hyper. Un malin qui a senti le gros buzz à faire. La hiérarchie, sans doute surprise par la proposition, a ensuite adhéré, goguenarde. Elle allait s’éclater à voir les ploucs se cholestéroliser, se diabètiser avec acharnement. Et les ploucs ne l’ont pas déçue! Ils se battaient tellement ils en rêvaient de leur bouffe à prix cassé!

Jeff Koons toujours sponsorisé par François Pinault, propose de commémorer les attentats de Paris par des tulipes aux dimensions pharaoniques placées dans le XVIe arrondissement. Lui a l’idée, la dessine, et des mécènes vont se charger de la fabriquer. Mécènes pas tant que cela, puisqu’en contrepartie ils vont bénéficier d’énormes déductions fiscales; donc c’est en fait l’état qui paiera l' »oeuvre d’art » imposée par l’artiste. Bref c’est complètement dément et ne serait-ce que penser qu’on puisse envisager une telle chose est en soi une insulte à la population. Quelques milliardaires cherchent à imposer leur choix sur la place publique pour payer moins d’impôts sans que l’état n’ait pu choisir, par exemple, entre différent projets. Le coup, le premier du genre avec une oeuvre pérenne, ratera probablement cette fois bien qu’on sente une espèce d’accord de la part du gouvernement (on est tellement loin de Malraux!), mais réussira à la prochaine tentative, n’en doutons pas!

La dérive est rapide, très rapide. Quand le privé ne cherche pas à prendre possession du domaine publique, il se rit du peuple qui lui sert de bouffon. L’état d’esprit de nos gouvernants n’est évidemment pas innocent dans ce phénomène où une petite caste ploutocratique se pose en véritable chef avec Emmanuel Macron comme cheval de Troie

Frédéric Le Quer