De la Pietà à la Résurrection

Par Dimanche 27 mars 2016 Permalink 1

Le sculpteur Claus Sluter réalise à la fin du XIVe siècle, pour la chartreuse de Champmol, près de Dijon l’une des plus anciennes pietà conservée en France à ce jour (image en une). Le XVe siècle, moment particulièrement difficile pour les populations européennes subissant guerres, épidémies et famines à répétition répand la représentaion de la vierge de pitié, mater dolorosa qui pleure le Christ allongé sur ses genoux. La photo ci-dessous représente une pierre sculptée polychrome de Champagne du XVIe siècle (64 x 78 cm) vendu à Lille le 22 mai 2013 chez Xavier Wattebled SVV 15000 €.SAM_1145

Difficile sur le sujet de la pietà de ne pas mentionner Michel Ange et la statue en marbre de la basilique St Pierre de Rome (image ci-dessous)  de 1498 (174 × 195 × 69 cm) aussi connu pour sa perfection que pour ses imperfections telle une vierge plus monumentale que Jésus, une vierge plus jeune que son fils avec ses genoux curieusement écartés bien utiles pour poser le corps du Christ.SAM_1146

Un peu plus tard avec l’arrivée de l’art baroque, il faut mettre en exergue dans le domaine pictural la pietà d’Annibal Carrache (image ci dessous), vers 1600, huile sur toile, 156 x 149 cm, Naples, galerie nationale de Capodimonte qui renvoie à celle de Michel Ange. La souffrance de la vierge est tout en retenue dévoilant ainsi la subtilité de l’artiste influencé par Corrège et Titien.SAM_1147

Enfin, pour la résurrection, mentionnons le plus flamboyant des peintres, Greco! Halluciné, magique, il utilise la couleur comme un expressionniste et traduit les recommandations de la contre réforme (celle voulue par Rome qui entre autre appelle les artistes à transposer les passages de la bible en représentations artistiques signifiantes) de manière la plus personnelle qu’il soit. Le fidèle est embarqué dans des scènes folles où les silhouettes en longueur aux membres fins et élégants renouvellent l’art religieux. Photo ci dessous, la Résurrection, huile sur toile, 275 x 127 cm, musée du Prado à Madrid.SAM_1148

Frédéric Le Quer