David Cameron, la risée de UKIP

Par Mercredi 3 février 2016 Permalink 5

Les négociations entre l’Union Européenne et le gouvernement de David Cameron sont qualifiées de mascarade chorégraphiée par Nigel Farrage. Son parti ajoutant  que « les envolées lyriques et dramatiques de simulacre de renégociation de David Cameron continuent et il nous prend pour des imbéciles. »

Pourtant à y regarder de prêt Donald Tusk, le négociateur de Bruxelles, fait tout pour garder la Grande Bretagne dans son giron. 1- plus question de verser des allocations aux ressortissants européens vivant depuis moins de 4 ans au Royaume Uni 2-l’idée d’une Union toujours plus étroite bascule du domaine législatif à celui bien plus flou consistant à « promouvoir la confiance et la compréhension entre les peuples de l’Europe». Comment être contre? 3- 16 parlements sur 28 peuvent s’entendre dorénavant pour contester un projet de législation européenne et le faire renvoyer vers une commission! En France ça veut dire enterrement de première classe… Il s’agit là d’un gros coup de canif à la suprématie franco allemande  4-le point de crispation est au niveau monétaire. L’Angleterre veut un droit de regard sur les décisions prises à l’égard de l’€ sans en faire partie  ce que Donald Tusk traduit par « respect mutuel », (mouais’ pas sûr que ça marche…) et faire reconnaître que l’UE a plusieurs monnaies alors que le préaccord rappelle que « l’objectif de l’Union est de créer une union économique et monétaire dont la monnaie est l’euro ».

L’ambiguïté des formulations permettra a chacun de se déclarer vainqueur des négociations en cours. Bruxelles est effrayé à l’idée de voir partir le Royaume Uni et ainsi laisser penser au reste du monde que son union est en voie de disparition et que l’€ ne tient qu’à un fil! Londres craint de voir sa place financière perdre énormément de sa force dans le cas d’une sortie de l’UE. Les protagonistes sont tous faibles dans cette affaire et la seule chose qui compte est l’opinion publique britannique. Il faut qu’à tout prix les anglais se croient gagnants. Pour les continentaux, pas question de leur donner la parole par une modification des traités, ce serait une arme nucléaire.

Mais pas plus les anglais que n’importe quel autre peuple ne se déterminent sur un texte, sur des phrases, sur des mots. L’Europe menace-t-elle l’identité britannique? C’est en fait ce à quoi ils vont répondre, peut-être dès juin prochain.

Frédéric Le Quer