David Cameron et la poudre aux yeux

Par Mercredi 11 novembre 2015 Permalink 4

Les revendications de David Cameron vis à vis de l’Union Européenne ont accouché d’une souris. Le Premier ministre anglais réclame ainsi que l’UE reconnaisse qu’elle est un club à plusieurs monnaies pour ne pas désavantager les pays non membres de l’€. Il veut toujours moins de réglementations pour toujours plus de libéralisme. Il demande le droit de ne pas aller vers « une union sans cesse plus étroite » et de rendre aux parlements nationaux plus de prérogatives. Concernant l’immigration, il souhaite pouvoir la contrôler et voir supprimer les aides sociales pendant 4 ans.

L’eurosceptique Nigel Farage parle d' »un écran de fumée » pour le public britannique ce qui est probablement le cas. D’ailleurs aucun cri d’effroi n’est venu de Bruxelles ou de Berlin. Angela Merkel est effrayée à l’idée de se retrouver seule face à la France, l’Italie, l’Espagne et la dernière chose qu’elle souhaite est de voir sortir de l’UE la Grande Bretagne. Du coté de Londres, David Cameron subit déjà une forte pression de Washington qui n’hésite pas à menacer le pays de rétorsions commerciales dans le cas où il sortirait de l’UE. Bref, il s’agit maintenant vis à vis des électeurs britanniques de faire semblant.

Alors les européens assisteront comme d’habitude aux réunions de la dernière chance où un accord sera trouvé au petit matin! Les médias feront un ouf de soulagement en nous expliquant de rôle éminent joué par Moscovici… Euh,  non, pas Moscovici, quand même, ils n’oseront pas! Quoique… Et David Cameron rentrera dans son pays prêcher la bonne parole en expliquant à ses concitoyens les fantastiques avantages qu’il a réussi à négocier! Le scénario est écrit d’avance, sauf qu’en dernier ressort nos voisins voteront…

Et si économiquement et institutionnellement, il était possible, voire facile de les faire plier, le problème des migrants crée dans le pays de plus en plus de crispations. La prétendue compassion des politiciens européens ne convainc pas et la presse n’hésite plus à décrire le continent comme au bord du chaos. Le résultat du référendum sur lequel David Cameron ne peut plus revenir, va donc se jouer sur la question centrale de l’identité britannique et uniquement la-dessus. Tout est du coup possible.

Frédéric Le Quer