La croissance au troisième trimestre

Par Samedi 15 novembre 2014 Permalink 26

La croissance française du troisième trimestre est intéressante à plus d’un titre. Le chiffre de +0, 3% est  meilleur que prévu. Il fait s’esbaudir ceux qui sont chargés de tout voir avec les yeux de Chimène et particulièrement les résultats économiques qui, d’après eux, quand ils sont indéniablement mauvais, sont toujours dépassés (l’histoire du regard dans le rétroviseur) et quand ils ont l’air meilleur, sont fêtés comme de grandes victoires.

Pourtant la France montre une situation catastrophique. Les investissements sont au point mort dans le secteur public, dans les entreprises et pour les ménages, l’immobilier principalement pour ces derniers. La contribution du commerce extérieur continue d’être négative. La consommation des ménages est dangereusement stable. Cette croissance inespérée, et probablement révisée dans 3 mois à la baisse comme celle du deuxième trimestre dorénavant négative, est due aux stocks des entreprises et aux dépenses des administrations.

Concernant les entreprises, celles-ci vendent moins et ont fait du stock. Evidemment ce ne sera plus possible au quatrième trimestre. Concernant les dépenses des administrations, il s’agit d’achats de médicaments en forte hausse. Ce phénomène est surprenant en plein été; c’est « le triomphe de la médecine », c’est la célèbre réplique du Dr Knock au service de l’économie française: « tout homme bien portant est un malade qui s’ignore »! Ou c’est peut-être aussi la facture de l’Aide Médicale d’Etat qui explose… On ne sait pas… En tout cas c’est bon pour le produit intérieur brut, nonobstant le déficit public!

La croissance allemande sur un an, n’en déplaise aux Cassandre, ressort à 1,2% (+0,1 au T3). Il ne faut pas oublier le point crucial: celle-ci est obtenue quasiment sans déficit public! Décidément son effondrement n’est pas pour tout de suite… L’Italie ne sort pas le tête de l’eau et reste en récession, la situation devient socialement explosive…

Plus largement la mondialisation ne favorise visiblement pas la croissance, malgré ce qui est clamé, et sert juste à l’enrichissement des plus riches. Quand certains parlent pour tenter de prouver le contraire de celle obtenue en Asie Pacifique, ils se gardent bien de préciser d’où viennent tous ces pays économiquement…

Mais concernant en particulier la zone €, il faut bien reconnaître l’inefficacité de la politique économique menée. Sa croissance anémique montre son incapacité à sortir de la crise de 2008. Cette situation, dont l’horreur est, encore pour un temps, masquée par la dette publique, ne peut qu’être une étape avant un grand saut dans l’inconnu.

Frédéric Le Quer

26