Croissance et déficit public

Par Lundi 3 août 2015 Permalink 20

Tous les ans le gouvernement s’astreint à présenter dans le cadre du programme de stabilité à l’horizon 2017, ses projections concernant la croissance et le déficit public de la France. Ces chiffres systématiquement se révèlent complètement faux, voire farfelus!

En 2013, le taux de chômage devait reculer dès le 2ème semestre sous l’effet du retour à la croissance, croissance espérée  à 1,2% en 2014! Cette même année, il envisageait un déficit sous les 3% du PIB et continuait sur son euphorique lancée avec 2% en 2015, 1,2% en 2016 et 0,7% en 2017. De ce fait la dette publique devait baisser jusqu’à 88,2% cette année d’élection présidentielle. Elle representait fin mars de cette année 97,5% du PIB.

L’exercice recommencé en 2014 ne prévoyait plus qu’une croissance de 1% pour cette année mais 1,7% pour 2015 et 2,25% pour 2016 et 2017. Chacun appréciera l’extrême précision! Le déficit public était revu à 3,8% du PIB en 2014, à 3% en 2015, à 2,2% en 2016 et 1,3% en 2017. Le déficit public s’éleva en 2014 à 4% et la croissance à +0,4%.

Le même exercice de la part du gouvernement s’est déroulé en avril dernier. Comme à chaque fois les prévisions antérieures se sont trouvées démenties par les faits et le gouvernement cible dorénavant une croissance de 1% pour cette année et de 1,5 pour les deux prochaines. Quant au déficit public il est prévu de 3,8% pour 2015 et 3,3% pour 2016 et 2,2% pour 2017.

Ces prévisions irréalistes, surestimant toujours largement les résultats, dénotent plus un exercice de propagande gouvernementale qu’une approche scientifique de la situation économique française. Elles expliquent non seulement l’incurie à réduire le chômage mais la crispation de plus en plus grande des allemands vis à vis des français. En se basant sur des chiffres frauduleux, il est impossible d’engager la politique adéquate!

De fait encore ce matin, la France voit son PMI manufacturier se rétracter en juillet à l’inverse de tous ses grands concurrents européens. Mais ce qui est bien plus grave, c’est actuellement la situation économique des pays émergents et la fuite vers le dollar à laquelle on assiste. Le reprise attendue risque d’être remplacée à l’automne par la rechute de l’activite dans le monde qui a déjà commencé. Le gouvernement nous expliquera qu’il ne peut rien contre les causes exogènes pour se dédouaner de la très possible crise économique à venir…

Quand gouverner n’est pas prévoir mais paraître, les pires maux sont à craindre pour la population française.

Frédéric Le Quer