Croissance économique et gouvernement autiste

Par Mercredi 13 avril 2016 Permalink 4

Le gouvernement joue l’autruche et maintient ses prévisions de croissance économique pour 2016 à 1,5%. La commission européenne table sur 1,3% et le FMI seulement sur 1,1%. Il n’y a que BFM Business qui envisage mieux que le gouvernement soit carrément 2% de croissance pour l’année en cours, mais cela fait longtemps que la chaîne a renoncé à l’information pour se concentrer uniquement sur la propagande!

Le FMI est qualifié de particulièrement pessimiste bien que ses projections proposent des chiffres supérieurs à ceux de l’OCDE qui est sous 3% de croissance mondiale alors que le FMI reste au-dessus. Mais cette divergence n’est pas importante,  c’est le sens de ces révisions, i.e. systématiquement en baisse qui est significatif. Plus les mois passent, pire c’est. Les estimations de résultats des entreprises ont été revus fortement à la baisse partout dans le monde. La déception sur les bénéfices est majeure et alimente le marché baissier heureusement pondéré par la politique accommodante des banques centrales. D’ailleurs plus personne n’ose mentionner les résultats globaux des multinationales, mais ne sont plus mis en avant que les résultats par actions qui, compte tenu des rachats, sont bien plus présentables!

Déficit d’investissement privé en Europe, UE sous l’éteignoir, absence de hausses salariales significatives aux Etats-Unis, et une poursuite du ralentissement chez les émergents sont les points mis en avant par l’OCDE. La commission européenne voit les risques d’une croissance moins favorable que prévu augmenter, principalement en raison de « facteurs externes » avec par exemple un « ajustement désordonné en Chine ». Alors voir l’ensemble de la presse s’étonner du dernier rapport du FMI dénote son hypocrisie. La chute du prix du pétrole, les conséquences de la guerre en Syrie (comprendre crise des réfugiés), les menaces terroristes, ou encore la perspective du brexit ne sont pas des nouveautés! Quant à l’absence d’efficacité des remèdes utilisés par les banques centrales, il est bien temps de s’en inquiéter. La Banque de France  de son coté souligne que « les perspectives de reprise de l’activité et de l’inflation restent sujettes à des aléas à la baisse » du fait entre autres d’entreprises qui n’investissent plus.

Le commerce internationale n’a progressé que de 2% en 2015 et cette année ne montrera pas d’amélioration, au contraire.  Les populations ont été averties de ce qui allait leur tomber dessus malgré les dissimulations de leurs dirigeants. Il y a vraiment de quoi être inquiet et les états n’ont plus les moyens qu’ils avaient en 2009….

Frédéric Le Quer