Crises financière et migratoire: coïncidence?

Par Vendredi 26 août 2016 Permalink 3

La recapitalisation des banques privées a conduit aux crises de la dette souveraine. Cela perdure avec encore ce matin le plan européen pour sauver la plus grosse banque portugaise de la faillite. On remarquera qu’il n’est pas question de bail in, les déposants dans cette banque ne sont pas plus concernés que les autres. Le lien est clair et le serpent se mord la queue. Banque privée en faillite renflouée par les états qui s’endettent un peu plus chaque fois. Cet endettement n’est rendu possible que grâce aux taux d’intérêt extrêmement bas que la politique de la BCE s’attache à maintenir grâce à ses achats d’obligations émises par les états. Mais plus les taux sont bas, plus les banques privées voient leurs bénéfices s’effondrer. Avec les taux négatifs, le comble de l’absurde est atteint et les banques privées fragilisées comme jamais. Mais si le rendement des souverains remontent, ce sont les états qui se verront dans l’incapacité de payer.

Ça, c’est le versant financier.

Il existe aussi forcément un fil reliant la crise financière débutée en 2007 qui n’en finit pas et la vague de submersion migratoire jamais vue dans l’histoire en tant de paix. Le mouvement de population allant du sud vers le nord en est à ses balbutiements. Commencé sérieusement en 2014, il s’accentue année après année. Les migrants viennent principalement de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan puis d’Erythree, du Pakistan, d’Albanie et du Kosovo. Que des pays musulmans dont la pauvreté ne date pas de 2014 et que les guerres ravagent depuis des décennies.

Alors pourquoi maintenant? Pourquoi directement en parallèle avec la crise de la dette?

La possibilité est évidemment que les immigrés servent de bouc émissaire au mécontentement populaire. Pendant que nos regards se tournent vers des populations incultes et abruties de religion, nous ne descendons pas dans la rue pour pendre quelques dirigeants, quelques banquiers, quelques représentants d’une nomenklature corrompue. Sans doute existe-t-il aussi des raisons économiques comme la baisse du coût du travail compensant la baisse des investissements productifs rendu moins intéressant que la spéculation financière sur les actifs mobiliers. Les riches deviennent ainsi toujours plus riches.

Indéniablement la coïncidence entre les crises financière et migratoire n’est pas le fait du hasard et d’obscures raisons doivent les justifier. Ces crises s’acharnent à mettre en place un autre monde dans lequel la démocratie n’aura guère sa place. Elles ne se résoudront que par la soumission totale des populationS ou par leur révolte radicale.

Frédéric Le Quer