Le crépuscule se termine à la nuit tombée

Par Mercredi 26 novembre 2014 Permalink 26

Quarante années de déclin ont amené la France au crépuscule de son histoire. L’avenir de la nation en péril se joue autant à l’intérieur qu’à l’extérieur: dedans la partition du territoire en deux zones géographiques, l’une laïco-chrétienne, l’autre musulmane, dehors les décisions économiques et monétaires qui échappent à nos dirigeants dépassés.

La scission du pays est à l’œuvre et s’accélère. D’une part la démographie montre un taux de natalité bien plus élevé dans les zones d’immigration qu’ailleurs, d’autre part l’accélération du flux migratoire venu d’Afrique par la distribution inconsidérée de cartes de séjour et par la naturalisation intensive organisée par le pouvoir actuel pour des raisons électorales entraînent véritablement des ruptures sociales. Elles sont clairement visibles en passant d’une ville de banlieue à une autre: La population change, les boutiques d’alimentation changent, les tenues vestimentaires changent. Quand deux mondes aux usages profondément différents et aux traditions fortement divergentes voisinent, ils ne conservent jamais la même organisation politique et sociétale bien longtemps. Inéluctablement il faut donc s’attendre à une coupure du territoire.

Bien sûr si les laïco-chrétiens se soumettent au diktat qui forcément viendra de la part d’une population dont la religion s’immisce dans tous les détails de l’organisation politique d’un état, la France glissera partout vers l’islam et s’en sera fini de sa civilisation. Rien de plus plausible au train où vont les choses. A l’inverse, les français peuvent aussi décider un virage à 180° et faire reculer, en interdisant toute immigration supplémentaire et en refusant la double nationalité, l’envahissement actuel. Mais cette dernière solution semble utopique pour le moment malgré les voix qui s’élèvent de partout en sa faveur. Le moindre mal, pour les années à venir, serait d’acter juridiquement l’abandon d’une partie du territoire pour que quelque part subsiste des us et coutumes français, en attendant plus tard un réveil de l’orgueil national.

Sur le plan extérieur, tout peut arriver plus vite. La pérennité de l’Union européenne et de la zone € n’a jamais été autant remise en cause. D’abord l’UE, avec des britanniques de plus en plus négatifs et en accord avec le parti de Nigel Farage, va probablement voir ses contours se restreindre; ils ont toujours détesté cette perte de souveraineté en faveur de Bruxelles et il semble temps qu’ils mettent leur pensée en accord avec leurs actes. Ensuite la zone €, depuis le début soutenue par les américains, montre des lacunes insurmontables. Les allemands restent sans doute en partie à cause de la volonté jusque là inébranlable de Washington. Mais la divergence entre leur économie et celles de la France et de l’Italie devient si criante que la situation va très vite évoluée. L’Allemagne n’a aucune raison d’accepter un hair cut généralisé sur la dette publique comme on l’entend parfois ou une suicidaire création monétaire. L’Amérique semble de son coté envisager un autre contour possible pour cette zone, plus en adéquation avec  les particularités de chacun.  Quoiqu’il en soit sa continuation dans l’état actuel est illusoire.

« J’aime le son du cor le soir au fond des bois, soit il chante les pleurs de la biche aux abois(…) » écrivait Alfred de Vigny. La France est cette biche aux abois et le crépuscule, plein des hurlements des chiens et du son de l’hallali, annonce sa douloureuse agonie.

Frédéric Le Quer