Sport de masse, nationalisme et propagande

Par Samedi 5 juillet 2014 Permalink 12

Le nationalisme de bazar offert en pâture au citoyen éberlué se termine. La défaite de l’équipe de France de football met un coût d’arrêt à la propagande des médias alimentée non seulement par les matchs mais aussi par les états de santé, les états d’âmes et les étagères de toute une tribu partie au Brésil.
Il y a deux façons de voir le foot:
– En esthète, pas forcément neutre d’ailleurs mais appréciant avant tout les gestes techniques, la puissance des joueurs, la solidité d’un groupe…
– En ahuri décérébré criant « we are the champion » et ânonnant La Marseillaise déguisé et peinturluré en bleu, blanc, rouge toujours prêt à agiter les bras et sauter comme un cabri en arrière plan d’une image diffusée à la télé.
C’est évidemment la seconde qui est privilégiée.
Le gouvernement et les hommes ou femmes politiques en général, jamais à court de ridicules aiment s’identifier au supporter de base pour mieux faire peuple (c’est dire la considération qu’ils ont pour leurs concitoyens!). Les journaux d’information sont réquisitionnés pour démontrer l’unité des français derrière les idoles incontestables que sont les sportifs. Et nous voilà partis sur une France une et indivisible, mythe qui plus il se heurte à la réalité plus il dégouline à la télévision qui n’hésite pas au passage à forcer le trait sur la diversité heureuse pour mieux montrer une société dans l’allégresse unifiée contre tous ses ennemis de l’intérieur (ceux qui trouvent ça grotesque) comme de l’extérieur (l’équipe adverse).
Mais la propagande ne maîtrise pas les résultats, du moins pas encore… Le coup d’arrêt d’hier est un coup dur avant même que le PIB est pu profiter d’une embellie de la consommation des ménages, ménages soi-disant capables de toutes les folies budgétaires en voyant leur équipe gagnée…
Dommage vraiment car suite au deuxième trimestre probablement à la limite de la récession, voir les français s’endetter pour des conneries aurait mis du baume au coeur de nos dirigeants et du patronat.

Frédéric Le Quer